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CULTURE SUPÉRIEURE DE LA MÈRE

Râmâyana. De lui on peut monter dans le lumineux Orient. De lui on peut descendre au clairobscur des temps chrétiens. D'où viennent-ils, ces temps? sinon de la même origine, du soir du monde antique , du soupir résigné des nations, finissant dans l'Empire, qui saluaient la fin et le repos.

Mais ces mélancolies sont un peu maladives»

énervantes souvent, comme les sons de l'harmonica. Elle veut être mère avant tout; elle veut s'affermir, donner force à son fils. Elle dit : « Tout ceci me va trop, mon ami. Assez de ces belles tristesses. Ces grands effets du soir, ces dernières heures d'un monde, m'affaibliraient aussi. Mon cœur, associé à l'essor d'un enfant, de la vie qui commence, voudrait plutôt des chants d'héroïsme et d'aurore. »

Un grand livre viendra de lecture populaire, qui nous ouvre à tous l'Orient, qui jende à la femme, à l'enfant, au peuple (et qui n'est peuple?) les belles régions de la lumière. Comment nous retient-on toujours dans ce triste Occident, aux brouillards de l'Europe? Tout au plus on nous mène dans

SAYOIR TROP POUR SAVOIR ASSEZ. i«5

TArabie Pétrée, au désert Sinaïque, au paysage lugubre de Judée. J'ai pitié de l'espèce humaine.

Oui, il faut lire la Bible. Mais pourquoi la seule Bible juive, sombre toujours, souvent morbide ? de lecture si scabreuse ? Elle a les dangers du désert. Souvent, quand tout est plane, quand vous suivez avec votre candide épouse, votre innocente fille, un beau récit empreint de sainteté, au détour d'un verset (comme derrière un noir genévrier) l'impur esprit parait... La voilà bien troublée, qui ne veut pas comprendre. On continue de lire... Mais entend-elle encore? Elle dormira mal cette nuit.

Donnez-lui bien plutôt le poème de la fidélité, la jeune, l'admirable Odyssée ^ Ulysse et Pénélope. Lisez lui le Râmâyanay le délicieux poème, la Pénélope indienne, sa fidélité héroïque et l'amour de Râma, sa guerre, et sa victoire où ce dieu de bonté associe toute la nature. Qu'elle ait en main surtout la Bible de la Perse, sans danger, sans détour et lumineuse autant que l'hébraïque est sombre. Ici tout est honnête, tout est dans le grand jour de la vraie sainteté. C'est le pays des purs. Le purificateur, le tout-puissant soleil, illumine tout de son regard. Et que voit-il qui ne soit aussi pur? le labeur, le labour, le travail héroïque du Juste. Un parfum sain, salubre, s'élève

de ce» livres àQ labourage, « comme la bonne odeur de la tenre, dit un ancien, quand, après la pluie, la oharruQ ouvre le sillon. ;»

Il y a aujourd'hui un siècle depuis que Anquetil, le héros voyageur, nous conquit ce trésor. Pour* quoi ra-t-*on peu lu? c'est qu'il eut dispersé, dans ces chants fragmentaires et peu liés de VAveala.

Les poèmes qui en seraient Tinterprétalion na^ turelle, nç nous sont arrivés qu'à travers les mains musulmanes, l'or pôle^^mêle avec le gravier.

N'importe, je le crois, ces trésors dispersés seront repris, et réunis, largement expliqués par un grand cœur, tout plein de la flamme sacrée.

Dix mille ans ne sont rien. Ni le soleil, ni l'homme, ni la terre, n'ont changé. L'idéal est le même, Cet antique génie se retrouve encore jeune. Les batailleurs passèrent, grecs et romains. EJt les pleureurs chrétiens. L'humanité reprend sa vraie voie : h travail dans la lumière de lapAsHee.

Que j'aurfiis volontiers brûlé mes livres pour écrire celui-là l II est tard, et trop tard. Je ne sais point ces langues, ces hautes origines. Des grands fleuves de vie, qui ont tombé de là, je n'ai point vu la source, et n'ai mouillé mes lèvres qu'à leur dernier ruisseau. J'y venais altéré, des poudreux chemins de l'Histoire ou chemina ma vie, âpreo ment et aveuglément. L'Histoire, cette violante

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