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COMÉNI. — LES JÉSUITES. — PORT-ROYAL. -^ LOCKE

dre rétonnant, le honteux succès de l'éducation mécanique, de renseignement bâtard et puéril à'^elegantiœ latinx que donnèrent les jésuites, et que la cour, la bourgeoisie acceptèrent si avidement. J'ai décrit (je crois, dans ma Fronde) l'organisation singulière du collège de Louis-le-Grand, pour quatre cents petits seigneurs, ayant (outre les maîtres) quatre cents bons amis^ jeunes jésuites, qui tendrement berçaient, gâtaient, mollement punissaient ces mignons.

Il est déplorable de voir des protestants et des libres penseurs (Bacon, Ranke, Sismondi, Auguste Comte, etc.) louer les jésuites comme maîtres, excellents latinistes. Ils ont donc une connaissance bien légère de l'antiquité. Us n'ont évidemment jamais lu, ni connu, les vrais, les grands savants du seizième siècle. Dans les mains des jésuites tout devint faible et faux. Ces langues mâles et fières, que sont-elles dans leurs collèges? Combien molles et féminisées ! Leur règne d'humanistes peut s'appeler, au vrai, l'avénemenl de la platitude.

Jamais, jamais le diable ne fait Tœuvre de Dieu. Il en fait des contrefaçons ignobles et des caricatures.

Le fruit Jésuite, issu de l'Italie pourrie, de la grotesque idylle de Tircis et de Corydon, empoi-

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sonna l'Europe. Ce fruit, ce fût le funeste idéal, tout à coup à la mode, l'agréable petit seigneur, le petit homme de cour. Très-digne adoration des mères que dirige Escobar. Cet enfant-là est le fléau du siècle. On le retrouve partout avec celle belle éducation. Des nations entières en furent transformées et gâtées. Exemple la Pologne que les jésuites ont perdue.

Le fait saillant du dix-septième siècle vers son milieu et surtout vers sa fin, c'est une diminution étonnante de la taille humaine.

Aux géants Rabelais, Shakespeare et Michel- Ange, avaient dignement succédé Galilée, Descartes, Rembrand. Mais voici que tout baisse. Corneille est un effort ; il s'élance, il retombe. Molière, génie robuste, est fort plutôt que grand ; et le délicieux la Fontaine n'est pour le fond qu'un fils exquis de Rabelais. Le reste, je l'avoue, m'assomme.

Le récitatif éternel de Bossuet, sur des thèmes épuisés où les grands mystiques avaient mis cent fois plus de cœur, ne peut se soutenir qu'avec ceux

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