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LA CLOCHE DE L'ÉGLISE

inédie perpétuelle. Et lorsque tout cela bien propre, habillé, soigné, par elle avec sa mère, s'en allait un dimanche d'été à la messe, c'était une sorte de fête. Toute la grande assemblée de la paroisse en ses plus beaux habits qu'un œil curieux parcourait, les fleurs et les costumes, les chants (discordants même et incompréhensibles, qu'on est d'autant dispensé d'écouter) , tout ce brouhaha amusait. Rien au fond, ou bien peu de choses; mais enfin une foule, des hommes, des femmes et des enfants. Voir la figure humaine, c'est un besoin. Traversant le Tyrol, j'observai des bergers, des chasseurs, qui, passant la semaine dans la montagne, descendaient le dimanche, non pas pour se parler, mais s'asseoir en face seulement sans mot dire, et se regarder.

Les démons de la solitude ont prise là. La lutte est forte, surtout aux fêtes, entre les deux esprits. La vieille vie ignorante, toute de décors et de théâtre, vide au fond, reste aujourd'hui, règne sans concurrence. La jeune vie puissante, qui disposerait de toute la magie des sciences et de leurs miracles amusants, avec tant de moyens d'occuper l'esprit et les yeux, n'a point organisé ses fêtes. Celles du nouveau dogme d'équité fraternelle qui seraient si toucha;ites, sont interdites encore. Les deux autorités qui pèsent sur nous, frémissent

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qu'il ne se maniieste, empêchent tout éclat public du libre esprit. Celui-ci, solitaire, sans théâtre, ni fêtes, vaincra par la vie yraie, mais attriste les faibles par l'absence de culte, la solitaire austérité.

Tout œla le dimanche revient, et dans les insomnies. Plus la grossesse avance, et plus les nuits sont troubles, mêlées de fiévreuses pensées. Le matin vient enfin. Elle sort pour respirer ou pour les besoins du ménage. Elle est heuraise de trouver la fraîcheur. La grande ville est gaie déjà, toute arrosée; les marchés pleins de fleurs, de toutes choses bonnes à la vie. C'est comme de riches corbeilles, combles des dons de la nature. A travers ces fleurs et ces fruits, elle marche rêveuse, pleine de douces émotions, de Dieu, de lut, de son enfant, du pur désir d'aller droit dans la vie. La nuit s*est envolée et tous les mauvais songes. La lumière l'a calmée. Elle est toute au devoir de sa situation nouvelle, et fort unie à lui de cœur.

Cependant au marché, l'église est ouverte déjà. Ou elle est belle à cette heure, bien éclairée, au-

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