‹ Nos filsChapitre 7 sur 70 · U CLOCHE DE L'ÉGLISE · texte numérisé non relu

U CLOCHE DE L'ÉGLISE

guste, dans sa solitude lumineuse I Le Lanc de la famille où elle s'assit toute petite et tant d'années, elle le voit. Pour le regarder? non ; cela lui ferait trop de peine. Un coin seul est obscur, la noire petite église dans la grande, demi-cachée sous l'orgue, le confessionnal où le samedi soir... N'en parlons pas, sortons. Que l'air est pur et frais dehors !

Tout est fait de bonne heure, le ménage, le déjeuner. Il est parti. Elle reste dans sa chambrette solitaire. Elle coud à la fenêtre. Le quartier est paisible, écarté. Rien dans la rue. Elle coud, et sa pensée voltige; un doux souvenir d'hier soir, ce marché du matin, l'église, occupent tour à tour son esprit, lui surtout, son adieu et le dernier baiser. Des deux âmes qu'elle a, il est à coup sûr, la plus forte. Et que n'est-il la seule! Elle le voudrait bien! quel repos elle aurait!... Mais enfin les vingt ans d'avant le mariage ont-ils passé en vain ? n'en revient-il jamais d'écho ? L'oreille par moments lui en tinte... Un bruit vague, léger, lointain, doux, est venu... Erreur peut-être? Rien? Le vent a pu changer, emporter Tonde sonore... mais non, le bruit revient. Oui, c'est bien une cloche, de son connu, toute semblable à celle de la paroisse où elle est née. Et, ma foi, je crois, c'est la même. Elle sonna si souvent pour nous,

Page 1