S NOS FILS
nous tait une rude concurrence : s'il se contentait de cautériser au fer rouge les morsures de chiens enragés! mais, dix fois par jour, il pose son marteau pour donner des consultations extravagantes.
On a toute confiance dans un homme qui vit dans l'intimité des métaux et du feu.
A la ville, il y a la concurrence des hôpitaux où le médecin considère comme un honneur de donner pour rien son temps et sa peine. Mais les hôpitaux n'accueillent pas seulement la clientèle ouvrière, ils prennent des pensionnaires capables de payer entre deux et douze francs par jour. Le médecin qui les visite n'a aucune part dans cette rétribution.
D'autre part, l'effroi que cause le mot hôpital pousse beaucoup de petites gens
à entrer dans les sociétés de secours mutuels. On ne saurait les en blâmer; mais ces collectivités, tous les jours plus nombreuses, et qui comptent de cinquante à cinq cents membres, apparaissent comme de véritables ligues des clients contre le médecin. Elles imposent des lois draconiennes; elles savent que la concurrence réduira toujours quelque débutant à passer par leur volonté. C'est ainsi que, dans des grandes villes, elles ont abaissé le prix des visites jusqu'à cinquante centimes, celui des consultations jusqu'à cinq sous. Et les médecins qui ont affaire à ces clients rapaces vous disent :
— Nous n'en avons point de plus exigeants, ni qui parlent si haut.
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Nous sommes tentés de sourire quand on nous conte qu'à la campagne le maréchal ferrant fait échec au médecin. La superstition des gens de la ville a moins d'excuse , mais elle est pour le moins aussi largement exploitée par des industriels sans scrupule, sous les yeux indifférents de la police.
Entrez au hasard, à Paris, dans quelqu'une de ces colonnes élevées en si grand nombre aux nécessités publiques.
On se demande quelles sont les causes véritables d'une tolérance qui permet à un affichage illicite de s'étaler avec tant d'effronterie. La médecine illégale ne se cache pas : on lui demande seulement de payer le timbre. On n'est même point rigoureux sur la formalité qui oblige les