‹ Nos fils, que feront-ils?Chapitre 32 sur 32 · NOS FILS 2S · texte numérisé non relu

NOS FILS 2S

tout à fait nos fils des carrières de l'industrie et du négoce, la bourgeoisie souffrira, sans doute, mais longtemps avant qu'elle soit à bout de ressources, le peuple manquera de pain. Le premier il est intéressé à la prospérité de notre industrie. Il faut lui apprendre qu'elle est liée à l'activité de notre commerce ; il tant lui avouer que celle-ci est paralysée, lui dire les causes qui l'ont menée là, lui montrer dans les facilités qu'on demande un remède dont tous profiteront. Et si l'électeur ne se rend pas à ces bonnes raisons par ignorance ou par jalousie, passons outre I

Voilà le discours auquel aboutit le mouvement d'opinion dont je viens de me faire l'historien. Nous l'attendons de

quelque ministre du commerce ou des colonies, qui, au-dessus de tout, placerait l'intérêt de la France.

qui, à cette heure, forme le corps de notre armée commerciale, trouve devant soi ce mur qui lui barre l'horizon : le service militaire de trois ans. On y a appliqué une échelle qui permet à quelques-uns de franchir l'obstacle. L'opinion publique, édifiée sur les véritables intérêts de la France, veut qu'on y pratique une brèche. La pétition de l'Union coloniale française, le rapport delà Chambre de commerce de Paris sont les premiers coups de bélier dans la muraille.

Il y a, dans notre immédiat voisinage, des pays où la nécessité de faire triompher une idée si juste soulèverait la nation, provoquerait des meetings, gonflerait les souscriptions qui servent à acheter des influences.

Notre bourgeoisie a perdu le goût de ces initiatives. Elle tend docilement le cou à ceux qui l'égorgent; elle attend quelque secours d'un sauveur dont elle ne sait pas le nom ; à tout le moins, elle espère de ses représentants un acte de courage dont, elle-même, se sent incapable.

Certes de courage, car enfin, c'est sacrifier ses intérêts électoraux que de se lever dans une Chambre pour dire :

— On a trompé le peuple quand on lui a fait croire qu'il réclamait la justice en demandant, dans des questions comme le service militaire de trois ans, l'application d'une menteuse égalité. Si les difficultés et les dégoûts que la classe ouvrière crée à la bourgeoisie détournent

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