‹ Nos flamandsChapitre 2 sur 24 · CHAP. I. LKS MODÈLES DE RUBENS · texte numérisé non relu

CHAP. I. LKS MODÈLES DE RUBENS

ments que rien ne fait plier, les attachements impérissables, l'honnêteté qui ne bronche jamais, la valeur du soldat, le courage du tribun, et cette fierté sublime, sauvegarde de l'homme, qui lui laisse une royauté jusque dans l'abaissement des conditions sociales? Cherchez donc dans ce peuple de boutiquiers et d'avocats vendus, par toutes les fibres de leur âme et toutes les gouttes de leur sang, à l'ambition des places et des richesses, cherchez donc les consciences inébranlables, les passions fortes, les sentiments puissants, l'amour qui n'a qu'une foi, la volonté qui n'a qu'une loi, l'honneur qui n'a qu'une parole. Race gangrenée, l'or, comme un poison maudit, a coulé en vous, et vous a remplie, de la tète aux pieds, de ses pourritures. Votre dieu, c'est votre or; or, votre conscience; or, votre honneur. Lâchement adulateurs des titres et de la fortune, vous ne révérez que l'éclat où vos passions gueuses vous font aspirer, et, pour y parvenir, insoucieux de la dignité que vous écartez du pied comme un obstacle et un péril, il n'est de bassesse avec laquelle vous ne pactisiez.

0 grand cœur des Flandres ! En quelles poitrines êtesvous donc passé? Où sont les enfants des vieux Flamands? I^Iodèles de Rubens , quelle brosse saura vous retracer , inspirée scJwiement des traits populaires? Et pourtant comme nous, vous étiez des marchands. Mais dans ces marchands il y avait des hommes. La main qui, aux jours de paix, poussait le ballot, s'armait, aux jours de bataille , de l'arquebuse, et si la tête roulait des chiffres, le cœur roulait du sang et des passions.

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