NOS NOS FORETS DE BOIS A ORETS DE BOIS À PULPE
} TUDE sur l’Exploitation et | l'exportation du Bois a Pulpe, la Fabrication et l’'Exportation de la PULPE et d PAPIER
| au Canada. st ut st ot ut ut
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| Par J.-E.-A. DUBUC, Directeur-gérant de la Compagnie | de Pulpe de Chicoutimi, P. Q. SAME 1905
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Etat actuel de la question
EPUIS dix ans, le commerce d’ex-
portation de bois à pulpe, la fabrication de la pâte de bois
ml} et celle du papier, ont pris un tel développement que beau-
= - coup de gens, même des plus sérieux, craignent que nos fo-
rêts d’épinettes ne soient bientôt épuisées.
Des hommes politiques importants, des journalistes indépendants, des observateurs, ont jeté le cri d'alarme et formulé comme principal article d’un nouveau programme à mettre à exécution: Æégw/ariser, sinon suspendre pour un temps, l’exploitation de nos forêts d'épinettes en vue de consercer à la province sa principale source de revenus. D'après eux, nous mangeons notre patrimoine, nous nous
ruinons, et ceux qui sont chargés d’'admiuistrer ce patrimoine sont coupables de ne pas mettre fin à cet état de choses.
T'el est, en résumé, ce qui a été dit depuis quelques années dans la Chambre d’Assemblée, dans les journaux et sur les hustings.
Examinons sans parti pris la situation, et voyons s’il y a lieu de s’alarmer.
Etudions la question sans phrases, nous contentant de citer des faits, de les analyser et d’en tirer les déductions logiques.
Etendue et richesse de nos forêts d’épinettes
L se coupe actuellement dans la province de Québec de 720,000 à 750,000 cordes de bois à pulpe par an, comprenant : de 400,000 à 450,000 cordes exportées aux Etats-Unis, 300,000 cordes converties en pulpe et en papier tant pour la
consommation locale que pour l'exportation.
Ce chiffre est énorme, nous dira-t-on.
D'une manière absolue: Oui.
Relativement à l'étendue, à la richesse de notre domaine et aux : nditions naturelles de repousse: Non.
Nos forêts d’épinettes sont immenses.
Elles comprennent les régions du St-Maurice, du Saguenay, de la côte nord (depuis le Saguenay au Labrador) la côte sud (les comtés de Montmagny, Rimouski, Matane, Gaspé) les Cantons de l’Est, la région de la Baie James, “ le tout formant une étendue totale de 327,721 milles carrés ou 209,741,463 acres, donnant, à 214 cordes par acre, une première coupe de 454,874, 470 cordes de bois à pulpe en ne prenant que les arbres de diamètre réglementaire, 7 pouces pour l’épinette noire et 11 pouces pour la blanche ”? (').
Il est admis par les gens du métier
(1) Etude de M. J.-C. Langelier, lue à la convention de la Société forestière de Québec.
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née
comme par les sociétés forestières du Canada et des Etats-Unis que l’épinette repousse en 25 à 30 ans. Comme nous voulons rester en deçà de la vérité, disons qu’elle ne repousse qu’en 50 ans. La repousse naturelle équivaut donc à 2 per cent de ia quantité ci-haut mentionnée et si ces forêts sont exploitées convenablement nous pourrons couper chaque année, à perpétuité, 2 pour cent de cette quantité, soit 9,000,000 de cordes sans toucher à notre capital.
Telles sont l'étendue et la richesse de nos forêts d’épinettes.
Mais, laissons ces chiffres de côté, n’en tenvr< aucun compte, et prouvons cette richesse par des faits qui peuvent être corroborés par tous ceux qui ont tant soit peu d'expérience de l'exploitation forestière, et prenons comme objet de notre démonstration les seules régions du Saguenay et du St-Maurice.
La région du Saguenay comprend 12,000 milles de forêts d’épinettes; celle
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du St-Maurice en comprend 18,000 milles ; soit 30,000 milles carrés. Disons qu'il n’y en a que 15,000 milles, (10,000 pour le St-Maurice et 5,000 milles pour le Saguenay), actuellement accessibles et pouvant être exploitées avec avantage.
Cela veut dire 15,000 milles carrés à 640 acres par mille, soit 9,600,000 acres à 4 cordes par acre — 38,400,000 cordes de bois. L’épinette repoussant en 25 aus — disons 50 ans — ce qui veut dire 2 par cent de repousse par an, soit: 773,000 cordes. N’est-il pas vrai que, pratiquement, si ces forêts sont exploitées convenablement et efficacement protégées contre les incendies, — et il est essentiel qu’il en soit ainsi, — nous avons dans ces deux petits coins de la province une source perpétuelle d'approvisionnement pour nos besoins actuels. En d’autres termes, nous pourrions envoyer chaque année 400,000 cordes de bois aux Etats-Unis, fabriquer 300,000 tonnes de pulpe pour la consommation locale et l'exportation en ne tou-
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chant qu’à la moitié des régions du Saguenay et du St-Maurice, et en laissant intactes les immenses régions de la côte nord, de la côte sud et de la Baie James.
Si notre domaine forestier est protégé comme il convient contre les incendies et si l'exploitation en est réglementée d’une façon rationnelle, ne pouvons-nous pas dire qu’il est inépuisable ?
Cette richesse est périssable
os forêts d’épinettes constituent une richesse presqu’incommensurable, Mais cette richesse est périssable, contrairement à celle de nos mines, qui est impérissable. Ainsi, les régions du Sa-
guenay et du St-Maurice, prises plus haut comme objet de démonstration et qui représentent 38,400,000 cordes de bois, peuvent être complètement détruites par le feu l'an prochain, ou en quelques années par les insectes. Ces dangers menacent
constamment nos forêts, et quelles que soient les mesures prises pour les en protéger, nous ne réussirons toujours qu’à en diminuer l’imminence, mais jamais à nous en protéger complètement.
C’est l’épinette à pulpe qui fait aujourd’hui la valeur de nos forêts. Mais si l’on trouvait une matière première qui permît de faire dn papier plus écon-1miquement qu'avec le bois, ce qui n’est pas impossible et ce qu’il ne faut pas perdre de vue, ces forêts vaudraient alors bien peu de chose.
Etant donné ce qui précède, à savoir :
1° l'immense étendue et la richesse de nos forêts de bois à pulpe; 2° la nature périssable de ces forêts; 3° la possibilité que des changements économiques les rendent sans valeur, n'est-il pas de notre intérêt, pendant qu’il en est encore temps, d’en tirer tout le parti possible en exportant tout le bois à pulpe pour lequel nous pouvons trouver un marché, en fabriquant autant de pulpe que nous pourrons en con-
ennemie nn
sommer et que nous pourrons en exporter et en fabriquant tout le papier dont nous pourrons disposer soit ici soit à l’étranger.