‹ Nos Gens de LettresChapitre 7 sur 23 · PRÉFACE IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE IX

toujours à temps d'abdiquer et de rentrer dans la tranquillité bourgeoise des professions paisibles et que ne tourmente pas le souci rongeur de l'œuvre. Il lui suffit de ne plus penser qu'à la sécurité de ses revenus; et alors, considérée au point de vue simplement positif, et en dehors de toute ambition d'Idéal supérieur à réaliser, cette carrière d'écrivain est relativement douce. Elle est assez facile quand elle est prise ainsi ; — et (Jle est très sûre: car, si les rivalités sont horribles entre les amours-propres de ceux ([ui veulent la gloire, la camaraderie est très forte entre ouvriers du même journal, par exemple, qui ne cherchent plus qu'à suivre un chemin régulier et tranquille. Ce même Balzac, dont on vient de lire la confession personnelle, a écrit dans une lettre à sa sœur et au sujet d'un débutant, le correctif de ses phrases tragiques : « Tu as

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grand tort de vouloir éclairer les amourspropres littéraires. Eh ! qu'est-ce que cela te fait qu'Armand soit ou non un génie ? D'abord, moi, je crois que, si Armand n'a pas une vocation, il peut parfaitement devenir un Clairville, et il fera fortune... En littérature, les médiocrités persévérantes font fortime, elles y gagnent l'incognito et dix mille livres de rente. Cela vaut bien une place... » — Quant à ceux qui veulent faire leur œuvre quand même, ce ne sont pas les souffrances qui prévaudront contre la foi profonde en une idée, pas plus que la chance d'être tué n'empêche un héros d'aller se battre. Bien plus, cette lutte attire les plus forts comme le danger. — Mais, quand ce ne serait que pour s'épargner la part inutile de ces souffrances, il vaudrait la peine de lire cette monographie du travail de l'homme de lettres, rédigée par M. Loliée, comme il faut qu'un ca-

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