VIII PRÉFACE
n'aura pas plus d'influence sur les jeunes gens qui le contempleront que n'en a eu, sur nous tous, l'éloquence du discours tenu par le journaliste Lousteau à Lucien de Rubempré dans les Illusions perdîtes, La carrière des Lettres aura toujours pour elle, au regard des imaginations aventureuses, d'être une espèce de loterie de misère et de gloire, d'autant plus tentatrice qu'elle s'appuie sur la complicité du plus beau des sentiments de la jeunesse : le désir de ressembler aux grands génies dont on admire les œuvres.
Il y a, d'ailleurs, une restriction singulière à établir sur les conclusions pessimistes de M. Loliée: — les cruelles douleurs de la vie littéraire ont un remède à la portée de tous ceux qui préfèrent la recherche du bonheur aux angoisses du talent. Ces angoisses disparaissent le jour où l'artiste cède la place entière à l'homme de métier. L'écrivain est