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son œuvre au Canada ; de son côté, Madame de la Pelleterie réussit à entraîner avec elle dans
la même entreprise quelques ur-
l'illustre Marie Guyard de l’Incarnation.
Et ces femmes quittèrent un jour le silence, les secrets et la sécurité du cloître pour entre-
sulines parmi lesquelles se trouva
prendre à travers les dangers des
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mers, et dans les solitudes redoutées d’un continent nouveau, leur généreuse aventure.
Madame de la Pelleterie n'é-
tant liée par aucuns vœux et par
aucunes règles, se fait l'intermé-
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diaire universel, l'agent général
dans toutes les négociations qu'il faut poursuivre avec les autorités et les corps civils, dans l'intérêt de l’entreprise de Madame d'Aiï-
guillon et de ses mandataires.
Après Madame d’Aiguillon et
Madame de la Pelleterie, se pré-
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sentent Madame de Bouillon et Mademoiselle Mance : encore une
dispensatrice généreuse des dons
| de la fortune et une femme d’ac-
Ÿ tion qui doit leur faire produire * 6 leurs fruits providentiels.
# Madame de Bouillon veutfaire * ‘ à Montréal, dont M. de Maison- :
k neuve vient de poser les bases, ce que Madame d’Aiguillon avait accompli à Québec : elle donne
à diverses reprises plus de soixan-
te mille livres, pour la construction et l’ameublement d'un Hôtel-
Dieu, et elle affecte une annuité
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de deux mille livres à son entretien. Et comme elle désire que ses bienfaisantes largesses restent isnorées, elle en confie le dépôt et la distribution à Mademoiselle Mance.
Celle-ci, associée d’ailleurs à la compagnie de Montréal, devient l'âme et la providence de la jeune colonie. On la trouve partout à côté de M. de Maisonneuve, mettant sa main virile à toutes les œuvres de bien, dans tous les dangers, dans tous les dé-
tails de l'organ'sation économique
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de cette société naissante. Elle traverse les mers à diverses reprises, va solliciter près des puissants
et des riches de nouveaux secours
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Ÿ pour sauver la colonie épuisée et è : .
} menacée. Cette femme, partie fai-
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, privations, de labeurs et de dan-
ble de France, semble être deve-
nue un colosse dans ce foyer de
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Bientôt vient se ranger à côté d'elle une autre héroïne. Celleci veut aussi consacrer ses forces,
réserver sa fécondité, donner son
intelligence pour ‘faire fructifier le berceau de Ville-Marie : c'est Mademoiselle Marguerite Bourgeoys.
Cette jeune fille n’avait pas de fortune, et elle semble n'avoir pas compté sur celle des autres pour venir se consacrer au bien de la Nouvelle-France. Elle distribua même aux mains des pauvres le peu quelle avait de patrimoine et d'économies ; et elle quitta Troyes, sa viile natale, ainsi qu'elle
le dit elle-même :“ sans deniers ni
maille,n'ayant qu'un petit paquet
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pu
| qu'elle pouvait porter sous son
| bras.”
Arrivée à Ville-Marie, c’est dans une écurie qu'elle commence sa mission d'institutrice des en-
fants sauvages ; et c’est dans un
fenil qu'elle va dormir son pre-
mier sommeil et se reposer des
elle fait connaître, avec le sourire, avec les caresses, avecla mansuétude de la maternité chrétienne, à ces pauvres petits infidèles la religion du Dieu de la crèche.
fatigues du voyage. Là, logée = dans cette habitation des chevaux,
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SE LEA Se k à 44 NOS GRAND’ MÈRES
Pouvait-elle choisir un théâtre plus éloquent pour enseigner une pareille doctrine à ces enfants, et à leurs parents aussi, qui avaient besoin de voir en Dieu tant de miséricorde, ayant vu dans les hommes, jusqu'alors, si peu de
charité |
l-enene — à à penses
Aussi, c'est de ce moment que datent, parmi eux, les plus sérieuses adhésions à la foi chrétienne: ils avaient vu quil existait un principe de vie dans un culte où reposait et rayonnait tant d'amour;
et ils crurent. Et c'est de ce
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jour aussi quela France put compter sur quelquesalliés fidèles par-
mi ces peuplades indomptées qui avaient entouré les colons jusqu'’alors de défiance et de menaces. h ê C'est à cette époque que l'on 9 voit se grouper autour de Québec $ $ et de Montréal ces premières fa- ‘* , milles de néophytes désireux de participer aux bienfaits de la civilisation chrétienne, qu'ils avaient enfin compris, et qui partagèrent notre sort jusqu'à la fin,
dans nos succès et dans nos | revers.
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Je ne puis allonger davantage la liste des femmes fortes qui ont fondé, honoré et sanctifié notre berceau, dans, un dévouement absolu, dans le sacrifice complet de tout intérêt et de toutes jouissances personnelles ; il ne me resterait plus de temps pour faire la part des mérites de ces autres héroïnes qui portent à plus juste titre le nom de Grand Mères.
Mais disons au moins à l’honneur de tant de femmes distinguées que jene puis nommer,
disons-le dans le sentiment d’a-
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mour que nous devons à cette patrie qu'elles ont si puissamment
aidé à fonder, que parmi toutes les
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femmes de France et toutes ces dames de la cour qui entouraient et servaient nos rois, elles ont été les plus vertueuses. La seule
française dont l'influerce néfaste a
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précipité la perte de la Nouvelle- France était une femme sans vertu : toutes les autres avaient apporté la vie à la patrie naissante, elle seule aida à lui don-
ner la mort ; nouveau témoignage
d'une vérité que révèle plus que
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toute autre notre histoire, c’est qu'il ny a qu'une chose qui féconde, qui vivifie, qui éternise les œuvres humaines : la vertu.
Après Mesdames d’Aiguillon et de Bouillon, Madame de la Pelleterie, Mile Mance et Mile Bourgeoys, et les autres femmes qui secondèrent leur générosité et leurs efforts, la semence de bien jetée par elles sur cette terre du Canada se levait partout en brillante moisson : Dieu y avait ses autels ; les pauvres, déjà,
une table mise ; les malades et les