‹ Nos grands médecins d'aujourd'huiChapitre 6 sur 51 · RAPHAËL BLANCHARD · texte numérisé non relu

RAPHAËL BLANCHARD

BLANCHARD (Raphaël), ne le 28 Jevrier i8p8. Docteur en Me'decinc en 1880.

Professeur agre'gc' à la Faculté de Mcdecine en i88j. Professeur adjoint à l’École d’ anthropologie de 1884 à 1886.

Est-ce bien l’un des grands médecins d’aujourd’hui, ce professeur de trentequatre ans, qui n’a point de clientèle, et qui enseigne à la Faculté une science dite accessoire?... Je crois que oui, puisque le voilà dans ce livre, et cela, d’abord parce que M. Blanchard est l’un des maîtres delà science zoologique française, ensuite parce que son enseignement est véritablement médical, pratique, directement utile aux étudiants qui le suivent.

Cet enseignement est uniquement consacré à l’étude des parasites et des maladies parasitaires de l’homme. Il est extrêmement suivi, et bien que le jeune maître ait la réputation d’être parfois un peu sévère aux examens, il faut croire qu’il est sympathique à la jeunesse studieuse, puisque, à l’heure de son cours, le grand amphithéâtre de l’Ecole est toujours plein de monde.

Et puis, l’homme est intéressant, par sa jeunesse même, par l’amplitude précoce de ses connaissances, par l’aptitude de son esprit moderne, de son intelligence hardie, à toutes les idées générales et neuves.

Il est l’arrière-petit-neveu du fameux Jean- Pierre Blanchard qui inventa le parachute et fit, avec Jefferies, la première traversée de la Manche en ballon.

Son père, mort très jeune, fut un poète dramatique, point très corînu, sans doute, mais assez poète pourtant pour que son fils ait hérité de lui le goût des lettres et l’amour des belles rimes, si i’en crois certaine chanson qui est le cri de ralliement des zoologistes en excursions.

Dès sa seconde année d’études médicales, M. Raphaël Blanchard se spécialisa : il travailla d’abord dans le laboratoire d’histologie de

Ch. Robin et Georges Pouchet, puis s’en fut étudier l’embryologie à Vienne et à Leipsig, l’anatomie comparée à Bonn.

Il revint en France en 1878, fut pendant cinq années le préparateur de Paul Bert à la Faculté des Sciences, concourut pour l’agrégation à la Faculté de Médecine, triompha de deux candidats redoutables et fut nommé à vingt-six ans à la place laissée vacante par M. de Lanessan.

De ses longs séjours à l’étranger, le D"" Raphaël Blanchard a rapporté beaucoup de science technique, la connaissance approfondie de quatre langues vivantes, — il apprend le russe en ce moment, — et une foule d’idées excellentes sur la décentralisation scientifique et les universités provinciales.

Ces idées on les trouvera consignées dans un excellent livre sur les Universités allemandes, livre que doivent consulter tous ceux que préoccupe justement notre mode de recrutement du personnel de l’enseignement supérieur, tous ceux qui s’inquiètent de l’excessive pléthore de la Faculté de Paris, et de l’anémie désolante de nos facultés de province.

Un autre titre de gloire, et ce n’est pas le moindre: le professeur Blanchard a fondé à Paris la

Société de zoologie de France dont il est le secrétaire général, et c’est à lui que l’on doit le succès du premier congrès international de zoologie réuni à Paris en 1889, et qui a fait si grand honneur à la science de notre pays.

Le jour où comme à Londres, à Turin, à Sienne, à Naples, à Pavie, on créera à Paris une chaire magistrale des maladies parasitaires, je crois bien qu’il serait ingrat d’oublier que cet enseignement utile, inconnu avant lui, a été inauguré chez nous par le jeune maître dont j’ai plaisir à faire ici l’éloge.

PRINCIPALES PUBLICATIONS

Ue l’anesthésie par le protoxj'de d’azote, 1880.

Les Universités allemandes, un vol. in-8, 1883. Éléments de zoologie (en collab. av. P. Bert), 1885. Traité de zoologie médicale, 2 vol. in-8, 1885-1890. Étude sur le tablier et la stéatopygie des femmes boschimanes, 1883.

L’atavisme chez l’homme, 1885.

Docteur BLANCHE

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