DOCTEUR BLANCHE
BLANCHE (Emile), ne à Paris, le i" octobre 1828.
Nommé interne en 184J.
Reçu docteur ai Médecine de la Faculté de Paris, le 2/ août 1848.
Chevalier de la Légion d’ Honneur , le j novembre j8j4.
Officier de la Légion d’ Honneur , le 7/ août 18^8.
Nommé membre libre de V Académie de Médecine, le 18 juillet i8y8.
Médecin expert, près le tribunal de la Seine, pour la médecine mentale, depuis l’année i8ji.
IL faut admirer le docteur Blanche parce qu’il est l’un des meilleurs aliénistes de ce temps, parce que sa vieille expérience des maladies mentales, sa haute dignité professionnelle, sa juste réputation de sage, en font un homme exceptionnellement vénéré dont les jeunes spécialistes ne sauraient trop suivre l’exemple et prendre les avis.
Mais il s’en faut qu’il soit estimé seulement parmi les médecins. Il s’est fait à Paris un nom
plus que sympathique, véritablement populaire, parce qu’il est très bon, parce qu’il aime les gens qui souffrent et les pauvres, absolument à la façon d’un père, donnant sans cesse, se dévouant toujours.
A une époque où presque tous nos grands médecins sont bien plutôt gens de science que gens de sentiment, le docteur Blanche a conservé le cœur apitoyé des praticiens d’autrefois, et pour tout dire, il a gardé, lui ce parisien, l’admirable type perdu du vieux médecin de campagne.
Il emprisonne sa haute taille et sa poitrine vaste dans une redingote immense; il met un faux-col à l’ancienne mode, montant le long des joues jusqu’aux favoris courts; pour donner de l’air à son front, il campe son chapeau très en arrière de son crâne; et sa large face pleine de finesse et pleine de bonté trahit encore' le normand, le normand de race superbe, sans tendresse pour nos raffinements de citadins, sans amour des complications trop modernes.
Tout cela ne l’empêche pas d’être un parfait homme du monde, un passionné d’art classique, de musique en particulier, quand ses malades lui en laissent le temps.
Ses malades, c’est là sa vie. Alors qu’il lui serait aujourd’hui bien facile de se reposer, il faut irrésistiblement qu’il en soigne, uniquement pour ce motif que c’est sa fonction de soigner, d’être bon, de se dévouer: et son métier de médecin, qui a fait sa fortune, lui coûte même assez cher à présent, car il a sur la charité des idées très particulières: quand il a signé son ordonnance, quand il a réconforté son malade par les consolantes paroles qu’il sait dire, il se préoccupe encore de l’avenir; il veut que ses soins soient efficaces, et, bien qu’il s’en cache de son mieux, on a fini par savoir qu’il donnait beaucoup et souvent.
Il est un savant aussi. Ancien interne des hôpitaux, expert près le tribunal de la Seine, membre de l’Académie de Médecine, officier de la Légion d’Honneur, rien ne lui manque, pas même d’avoir écrit: ses rapports de médecine légale sont des modèles de sagesse, de clarté, de pitié; son mémoire sur les homicides commis par les aliénés est une œuvre hautement scientifique. Mais sa caractéristique sera d’avoir encore plus aimé les malades que la maladie, et si éminent que soit son esprit, si lumineuse que soit son intelligence, rien ne pourra faire oublier son grand cœur.
Il a un fils déjà célèbre, très prochainement glorieux, car M. Jacques-Emile Blanche est l’un
des peintres les mieux doués, les plus remarquables de la nouvelle école, et l’un des rares qui sachent faire un portrait de femme moderne.
PRINCIPALES PUBLICATIONS
Du cathétérisme œsophagien chez les aliénés.
Un très grand nombre de rapports médico-légaux sur des cas d’aliénation mentale.
Des homicides commis par les aliénés, 1878.
Quelques considérations sur le traitement moral de la folie.
La folie doit-elle être considérée comme une cause de divorce ? 1882.
Rapport à l’Académie de Médecine, sur les projets de réforme relatifs à la législation sur les aliénés, 1884.
Rapport à l’Académie sur le prix Lefèvre (la Mélancolie), Bulletin de l’Académie du 8 novembre. 1887.
PROFESSEUR