‹ Nos historiens: Guizot, Tocqueville, ThiersChapitre 8 sur 17 · VI. — Quelques mots encore et je ter · texte numérisé non relu

VI. — Quelques mots encore et je ter

mine. Certainement l'opinion publique,

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entre Thiers et Tocqueville, choisit le premier. Cette opinion, je la récuse, et je revendique mon droit individuel de prononcer. Le héros de l'un est Napoléon; le héros de l'autre, Washington. Lorsque je fais de l'histoire, je suis un citoyen de l'Univers et je préfère Washington à Napoléon. Le rapprochementqu^appelaitTocqueville, c'était Montesquieu. La comparaison, pour Thiers, a été Machiavel. Je n'ai pas besoin de déclarer ma préférence. Enfin, revenant aux principes et au sommet de ma dialectique, j'attribue nécessairement la prééminence au droit et à la morale, vîs-à-vis'dti succès et des faits, à Tocqueville en face de Thiers; mais le prix je l'ai décerné à Guizot; il réside dans ce temple serein, inaccessible des sages; il se prosterne devant l'idéal. Je suis platoni-

GUIZOT, T0CQLM':V1LLE, THIEUS. :i7

cien, je suis cartésien, et je m'incline à mon tour devant Thistorien de la civilisation.

Je le sais, l'idéal n'est pas tout en ce monde; il est même peu de chose, si je pense aux héros, si je pense aux saints, à ceux qui font l'histoire. Pour nous autres, il nous est 'donné seulement de l'étudier et de récrire. Appliquons-nous à notre mission modeste, à notre travail de chaque jour.

VIL — CONCLUSION. — L'intelligible, ce sont les idées. Guizot explique et comprend les phénomènes de la vie et de la mort, la poUtique et l'histoire, par l'idée du vrai; Tocqueville par l'idée du juste; Thiers par

NOS IIISTOUIENS.

l'idée de la force. Il faut recourir à toutes les trois, réaliser leur synthèse, accomplir leur unité.

29 septembre 1888.

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