‹ Nos hommes de lettres [microforme]Chapitre 1 sur 40 · AU LECTEUR · texte numérisé non relu

AU LECTEUR

On nous croira certainement si nous disons que ces pages étaient destinées à l’oubli comme tant d’autres que nous avons griflonnées dans le but de chasser l'ennui, de calmer les angoisses ou les souffrances de la maladie, et qui sommeillent encore dans nos cartons. Un ami indiscret ayant, un jour, par hasard, aperçu celles-ci, leur a donné une destination tout-à-fait différente de celle que nous leur avions faite.

—Pourquoi, nous dit-il, ne publiez-vous pas ce manuscrit ?

—Parcequ'il ne vaut pas la peine d’être publié.

— Vous vous trompez, je crois.

— Nous croyons, au contraire, que nous ne nous trompons pas. D'ailleurs, aucun éditeur ne voudrait en risquer la publication.

—J’en connais un qui le publiera à des conditions libérales.

Nous haussâmes les épaules en signe de doute, — Voulez-vous, ajouta notre ami, me permettre une œoestion ?

—-Volontiers, si la chose est praticable.

—-Eh ! bien, voyez M. Stevenson.

—C'est inutile, nous ne tenons pas à publier notre prose,

—Publier ce livre sera peut-être pour vous un moyen de venir en aide à votre famille privée depuis si longtemps de votre labeur !

Ce mot de famille nous décida à faire la tentative projetée, En conséquence nous fimes les démarches

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nécessaires, :

Nous devons l'avouer, si nous espérions beaucoup de la libéralité de M. Stevenson, nous ne comptions Fguère sur le mérite de notre humble travail. Nous j fûmes donc aussi agréablement surpris qu'enchanté k de recevoir une réponse favorable, :

Maintenant que les circonstances dans lesquelles parait ce livre sont connues du lecteur, la critique

sera peut-être plus indulgente envers cette œuvre s P

bien modeste que nous osons publier sans prétention Ù d

| aucune et dans le seul but de nous conformer à cette pd { loi de Dieu qui ordonne à tout homme de gagner son lo l' pain à la sueur de son front. ta Un mot d'explication est, croyons-nous, nécessaire Fe

| 1 .i | | ne Un aflaissement des nerfs causé par une tension L au

| continuelle du cerveau, une préoccupation constante qu | de l'esprit, l'inquiétude, la surexcitation, l'anxiété, vé | et nous pouvons bien Je dire aussi, les persécutions à po | de toutes sortes et plusieurs autres causes morales, :. dis | ayant produit chez nous une paralysie partielle de léa | certains’muscles, nous empêchent depuis six ans de log pouvoir marcher et, en un mot, de gagner la vie de enf

notre famille. Certes, la pauvreté n’est pas un déshon- * on

neur quand on la supporte honnêtement et avec À LI

| courage, mais ce qui fait le désespoir de l’homme de # jh; | cœur, c’est d'être à la charge des autres quand il # Gpt | pourrait se suffire à lui-même si on lui procurait du à ani

travail. Or, en ayant demandé en vain à toutes les 1 ; portes, nous sommes décidé à nous en procurer

nous même, Negrais a dit : À

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