‹ Nos hommes de lettres [microforme]Chapitre 2 sur 40 · HARAS · texte numérisé non relu

HARAS

‘Que faire dans un gite à moins que de songer ?”

Que faire, demanderons-nous à notre tour, quand on est cloué sur un fauteuil, à moins que de crever d'ennui ou de travailler de la tête ? C’est ce que nous faisons. Ne rien faire serait pour nous une chose impossible. Une plume sera donc désormais notre outil pour gagner notre existence, comme elle a été pendant vingt ans un moyen de nous distraire et de nous instruire.

Lamartine n’a pas hésité à mourir sur sa tâche; pour payer, avec le produit de sa plume immortelle, des dettes d'honneur qui le torturaient ; on nous pardonnera bien, sans doute, aussi à nous qui sommes loin d’être un Lamartine, si nous faisons l'essai d’un talent bien humble et bien restreint, il est vrai, mais qui, s’il est accueilli avec l’indulgence à laquelle il a droit, s'efforcera de tenir, plus tard, encore plus qu'il ne promet aujourd'hui. Grâce au ciel, nous avons autant de capacité sous tous les rapports aujourd’hui qu'autrefois ; malheureusement,—et c’est là l’inconvénient qui fait toute notre infortune,—nous ne pouvons marcher! Mais si les pieds sont forcément oisifs, la plume peut encore courir sur le papier aussi légère qu'auparavant; l'imagination, cette folle du logis, peut encore penser, agir et produire ; le cœur, enfin, est toujours jeune, alerte et dispos ! Avec cela, on peut, on doit réussir, si l’on a droit de compter sur la bienveillance et la libéralité d’un public sympathique et généreux. C’est ce que nous osons espérer obtenir en considéra‘ion surtout du motif qui nous anime.

En termirant, nous ajouterons que nous croyons ne pas trop espérer en disant qu'en qualité de

ses

ci-devant journaliste, nous comptons beaucoup sur la sympathie et la libéralité de la presse canadienne.

Maintenant, quand à ce livre, nous devrons faire des excuses à ceux qui voudront bien l’accueillir. Nous avions promis d'accompagner, s’il nous était possible, chaque biographie d’un portrait et d’un autographe. Nous avons fait toutes les démarches nécessaires pour accomplir intégralement cette promesse, mais il nous a été impossible de réussir d’une manière complète. llusieurs portraits et presque tous les autographes dont nous avons besoin, sont entre nos mains, mais comme il nous faut offrir tout ou rien, nous avons, après mure réflexion et d’après le conseil de personnes compétentes, décidé de remplacer les portraits et les autographes par une augmentation de l'ouvrage. Ainsi, au lieu de 250 pages, le livre en aur à peu près 300, et au lieu de huit biographies en contiendra au moins douze. De plus, si ce premier volume reçoit l'accueil que nous espérons, nous ajouterons dans le second volume, les douze portraits et autographes destinés à celui-ci, car nous aurons eu à cette époque le temps et les moyens de nous procurer ceux qui nous manquent et qu’il nous est impossible d'obtenir aujourd’hui à moins de retarder trop longtemps l'impression de ce premier volume.

Nous espérons donc que ce dédommagement qui leur est offert, satisfera les plus exigeants.

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