‹ Nos hommes de lettres [microforme]Chapitre 29 sur 40 · FR An · texte numérisé non relu

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: FR th Hélas! que j'en ai vu mourir de jeures filles y Hi: | (A Vicror HuGo.

ji Dans sa première larme elle noya son cœur | L il L'AMARTINE.

À î Je passais... Dans les charmilles, 1 1e FRE L'œil au guet, , Un duo de jeunes filles il | Gazouillait.

té ï Blonde et rèveuse était l’une, l “ Je crus voir De l’autre la tresse brune i Li A Et l'œil noir.

à Deux anges, quelle voix douce Ils avaient !

1 Les pervenches, dans la mousse,

IH En rûvaient,

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| 1 LP On causait bals et toilettes, | FE Et troublé,

l HE S'ouvrait l'œil des violettes | { Dans le blé,

| 1 On jasait, c'était merveille ; DT ER Et je vis

at | Des oiseaux prèter l'oreille HR ET Tout ravis.

| mi Moi, caché sous le feuillage, JE L Dans le thym,

Î Le 4 à » , .

| TEA J'écoutais leur babillage e

LEE Argentin,

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FRECHETTE 205

di Et du vent l'aile mutine, Souffle pur, ns un Égrenait leur voix lutine

Dans l’asur.

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J'y revins... c'était l'automne ; Dans l'air froid, 8 filles } Vibrait le son monotone IuGo. Du beffroi,

PTS Dés nuages aux flancs sorhbtes

TINE. Et marbrés Réfiétaient leurs grises ombres Sur les prés,

Des sanglots montaient des vagues, pe Et parfois, | Se mélaient aux plaintes vagues Des grands bois. Hauts

Plus de fleurs, plus de charmilles, EE A Verts réseaux ; Plus de fraiches jeunes filles, Plus d'oiseaux. EU:

La grille était entr'ouverte …, 1 Du jardin

L'avenue était déserte, | Plus d’Eden! te {

Où donc étaient les doux anges Fe Dont la voix s QE Et Ici charmait les mésanges, fer Autrefois ?...

Hélas! sur ces frèles roses, (3 Tout glacé, iÊ Le vent des douleurs moroses 1 1 il A passé... lb

Telle on voit la fleur fauchée Se flétrir,

L'une, un matin, sest penchée 1 Pour mourir.

206 FRECHETTE.

L'autre a, sous la froide étreinte, Du malheur, Perdu l'illusion sainte . De son cœur.

L'une dort au cimetière Pour toujours ;

nr L'autre a mis dans la priôre

Eur Ses amours.

Voilà certes de bien beaux vers comme aiïmaient à en lire et en apprécier Jules Janin et Théophile Gauthier.

Nous pourrions citer un grand nombre d’autres pièces qui ne le cèdent en rien à celles-ci; mais pour rendre complètement justice à l’auteur, il faudrait les citer toutes, car elles portent toutes l'empreinte de génie.

Nos meilleurs recueils littéraires Les Soirées Canadiennes, Le Foyer Canadien, \' Opinion Publique, ont eu tour à tour, le précieux avantage et la bonne fortune de compter Fréchette au nombre de leurs collaborateurs les plus estimés et les mieux goutés.

Aussi habile à conduire la plume du prosateur qu'à tenir la lyre des poëtes, Fréchette est l’auteur de plusieurs ouvrages en prose, entr'autres d’une Æ:,:

charmante petite comédie-bouffe intitulée : Les nota- dun bles du village. Sans être irréprochable,--c'était son den

début—cette pièce est une charge bouffonne mais très bien réussie, contre ces parvenus ignorants comme on en voit un si grand nombre dans nos conseils municipaux. Elle a été représentée plusieurs fois et a toujours été bien accueillie.

Mais le plus beau succès de théâtre obtenu par Fréchette est, sans contredit, son drame émouvant

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FRACHETTE. 207

de Félix Poutré dont les Souvenirs d'un prisonnier d'état canadien en 1888, lui ont fourni les matériaux. Ce drame a été plusieurs fois représenté sur la scène canadienne, et chaque fois, grace au talent de l’auteur et il faut le dire, grace aussi aux souvenirs patriotiques et palpitants d'intérêt qu’il évoquait, a obtenu un succès aussi considérable que mérité.

Fréchette est encore l’un des collaborateurs les plus goûtés de L'Opinion Publique. Cet intéressant journal a publié son admirable étude sur la ville de Chicago, telle qu'elle était avant l'incendie, et une charmante nouvelle qui a pour titre : Une touffe de cheveux blancs. On remarque dans ces deux écrits, une exhubérance d'idées et une fraicheur de style qui étonnent et ravissent.

Dans le mois d'avril dernier, à Montréal, et subséquemment à Saint-Hyacinthe—où il y a quelques années, on lui avait offert un témoignage public d'estime et d’admiration pour ses beaux talents de poëte et d’orateur,—Fréchette a fait une conférence sur les poëtes canadiens qui a été, pour lui, un double triomphe. L’auditoire s'attendait à un chef-d'œuvre d'éloquence et de littérature, et son attente a même été dépassée. Il a parlé de nos poëtes comme un poëte de son talent et de sa force littéraire peut et a le droit d'en parler: en rendant justice à chacun d'eux suivant son mérite.

Maintenant, si de l'écrivain nous passons à l’homme politique, nous trouvons que Fréchette est aussi bien doué sous ce dernier aspect que sous l’autre. Ceux qui s'imagineraient que Fréchette est une espèce de Pierre Gringoire à la figure étique et portant une chevelure d'Absolon comme le soliciteur-général

S Chapleau, seraient dans la plus complète erreur à ce d sujet. D'abord son physique ne laisse rien à désirer : h il est taillé nous ne dirons pas en Hercule mais en le tribun. C’est un beau grand garçon blond, portant o1 moustache à la hussarde, de haute taille, bien cambré, qi à la jambe solide et bien prise, au bras nerveux, et de qui n’a pas, comme on dit, froid aux yeux, ainsi que to peut l’attester le député Blanchet. De larges épaules, ut une tête splendide, un front large et resplendissant ig de force, d'intelligence et d’audace ; une voix forte, co

sonore, mais ayant cependant un timbre sympatique, plein de douceur et d'agrément, un maintien superbe, une vrai pose de tribun, en font comme on dit un dè beau brin d'homme. Ajoutez a cela, une élocution facile, entrainante, une phrase riche, correcte et cadencée ; des idées neuves, saisissantes, d’un atticisme le plus fin, le plus délicat et d’une attrayante originalité, voilà le conférencier et même le tribun. Il y a dans Fréchette, comme orateur, du Soulard et du Plamondon. Les luttes de géant qu'il a eu à soutenir contre son adversaire le député Blanchet, ont prouvé qu'il était aussi grand orateur qu’habile diplomate, fécond écrivain que poëte brillant. Le jour où les électeurs intelligents du populeux comté de Lévis, le choisiront pour les représenter en Parlement, le pays aura un tribun de plus et le peuple un nouveau défenseur sincère et dévoué.

Il y a des gens aveuglés par l'ignorance, le fanatisme ou les préjugés, guidés par un esprit de parti étroit et mesquin, qui prétendront que les écrivains et, surtout, les poëtes, sont inhabiles à se mêler de politique, et à plus forte raison, à gouverner les peuples! Cette prétention est certainement erronée,

ir à cé ésirer :

ais en portant ambré, eux, et nsi que paules, dissant x forte, patique, uperbe, a dit un locution recte et un attitrayante e tribun.

bulard et | a eu à Blanchet, qu’habile ant. Le 1x comté en Parleuple un

le fanade parti écrivains mêler de brner les erronée

FRECHETTE. 209

Sans prétendre que tous les gens de lettres soient des politiciens plus parfaits, des hommes d'état plus habiles ou plus honnêtes que ne sont les financiers, les marchands, les avocats, les médecins ou autres ; on peu dire que l’histoire offre de nombreux exemples qui prouvent surabondamment qu’il y a des hommes de génie et des imbéciles dans tous les états, dans toutes les sphères. Mais dire que l’on ne peut être un bon politique si l’on est poëte, c'est prouver son ignorance ou son manque d'intelligence, c’est parler contre l’histoire et le bon sens.

Victor Hugo est un très grand poëte, mais il est aussi un orateur de premier ordre. Dans la Chambre des pairs et dans la Chambre des députés, il a fait ses preuves, admiré de la France entière.

Lamartine, un poête, n’a-t-il pas sauvé la république française de 1848, en mettant de côté le drapeau rouge et en conservant le drapeau tricolore en face de l’émeute ?

—“ Votre drapeau rouge, dit-il, avec une juste indignation aux émeutiers, n’a fait que le tour du Champ de Mars, tandis que l’étendard national de la France, le drapeau tricolore, a fait le tour du monde !”

Un financier, un marchand, un avocat, un agriculteur, un ouvrier n'aurait pas été plus courageux, plus énergique que ne le fut en cette occasion l’auteur des Harmonies.

Qu'était Guizot? Un historien. Qu'est donc Thiers, le seul homme d'état français qui, par son habileté, a délivré la France des griffes de la Prusse? Un historien ; un petit bourgeois.

Que sont Gladstone et d'Israeli ?

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