‹ Nos hommes de lettres [microforme]Chapitre 28 sur 40 · ALICE CARY · texte numérisé non relu

ALICE CARY

L'autre jour, je passais dans la lande déserte, Songeant, rêveur, distrait, aux beaux jours envolés ; De givre étincelant la route était couverte,

Et le vent secouait les arbres désolés.

Tout à coup au détour du sentier, sous les branches D'un buisson dépouillé, j'aperçus, entr'ouvert,

Un nid, débris informe où quelques plumes blanches Tourbillonnaient encor sous la bise d'hiver.

Je m'en souvins :—c'était le nid d'une linotte Que j'avais, un matin du mois de mai dernier, , Surprise, éparpillant sa merveilleuse note, Dans le: airs tout remplis d'arôme printannier,

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FRECHETTE. 208

Ce jour4là, tout riait; la lande ensoleillée S'enveloppait au loin de reflets radieux

Et, sous chaque arbrisseau, l'oreille émerveillée Entendait bourdonner des bruits mélodieux,

Le soleil était chaud, la brise caressante ;

De feuilles et de fleurs les rameaux étaient lourds ; La linotte disait sa chanson ravissante

Près du berceau de mousse où dormaient ses amours,

Alors, au souvenir de ces jours clairs et roses

Qu’à remplacé l'hiver avec son ciel marbré,

Mon cœur,—j'ai quelquefois de ces heures moroses, — Mon cœur s'émut devant ce vieux nid déläbré.

Et je songeai longtemps à mes blondes années, Frèles fleurs dont l'hiver a détruit les parfums ; A mes illusions que la vie a fanées ;

Au pauvre nid brisé de mes bonheurs défunts!

Car quelle âme, ici-bas, n'eut sa flore nouvelle, Son doux soleil d'avril et ses tièdes saisons Epanouissement du cœur qui se révéle !

Des naïves amours mystiques flcraisons |

O Temps! courant fatal où vont nos destinées, De nos plus saints espoirs aveugle destructeur, Sois bénil car, par toi, nos amours moissonnées, Peuvent encor revivre, Ô grand consolateur ?

Dans l'épreuve, par toi, l'espérance nous reste : Tu fais, après l'hiver, reverdir les sillons ;

Et tu verses toujours quelque baume céleste Aux blessures que font tes cruelg aipillons,

Au découragement n’ouvrons jamais nos portes : Après les jours de froid, viennent les jours de mai; Et c’est souvent avec nos illusions mortes

Que le cœur se refait un nid plus parfumé,

D'un nouvel an, demain, va s'éveiller l'aurore : Frères saluons-là par un hymne d'espoir | L'âme M plus en deuil pent refleurir encore : Le soleil luit toujours derrière le ciel noir!

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Li! 904 FRECHETTE.

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ï On croirait lire un fragment des Rayons et les 1H ombres, ou des Voix intérieures de Victor Hugo.

F5 À F | Maintenant voici la seconde pièce qui est dans un FE genre tout différent :

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