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un:poids.au bout.de la’ perche,:ow la retirait lentement, anxieux, plein de troubles et de! précautions, le fardeau tenait toujours bon ;:il ne restait pres-
que plus rien sous l’eau; la jointure du dardapparaissait déjà au bord de la glace. Saisi d’un subit. effroi, on soulevait la partie encore, submergée et l’on amenait. …, quoi? des masses de vase dans des lambeaux de guenilles ou bac Rai de bois pourri.
Alors, on s'essuyait le front : ruisselant de sueurs, on prenait un petit coup, puis l’on se remettait à l'ouvrage. sans désemparer, Un mois'et plus se passa À cette tâche décevante.”
Mais un soir que Giguère,, abandonné dv partie de ses compagnons, s’éloignait de la mare, presque découragé, marchant à pas lents en regagnant sa demeure :--une idée lumineuse le frappe tout à coup. ‘“ C’est cela ! s’écrie-t-il, mais oui ! c'est cela ! J’essayerai dès demain ! On va
* voir que Giguère arrachera bien encore cette bouchée au vieux goinfre !” Et il hâtait le pas en se parlant ainsi à pire même.
Le lendemain, les personnes qui virent passer Giguère, tenant sous son bras, une petite boîte en bois, ressemblant à un cercueil d'enfant crurent
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qu'il était devenu fou: Quelques-unes: lui demandaient. “T'en vas-tu enterrer ton trésor, Giguère ?”? Lui, sans répondre, hâtait le pas en sifflottant jé ne sais trop quel refrain et se rendaït de’bonne hénre auprès de la mare et juste à l'endroit où était survenu l'accident. Deux ou trois de ses compagnons de travail et d'épreuves, les plus pérsévérants, Ty, avaient, déjà devancé. En le voyant venir, avec cette boîte sous le bras :
— Mais diable ! M. Giguère, que éiu faire de cela ?” ELLE
«__Ne vous inquiétez pas, mes di: vous
allez voir tout à l'heure ce que je veux en faire.”
Déposant sur la glace, sa boîte qui parut alors assez lourde, il déroule ‘un énorme péloton de ficelle ; il attache un bout de cette ficelle solidement et sûrement à la boîte sur laquelle il #’assied ensuite en regardant se gonfler le fleuve, à la marée montante.
En vain ses compagnons l’interrogent, le questionnent, le tournent'en tous seus pour connaître son secret, il reste insondable, impénétrable comme les eaux du fleuve. Tranquillement, il tire sa pipe de son gilet, hache son tabac au pouce et fume comme si de rien n'eût été,
Une bonne demi. heure s'écoula ainsi. Les compagnons de Giguère rôdaient autour de la mare, se consultaient deux à deux, évidemment inquets et curiëux de savoir ce qu'il allait faire.
#— Allons ! mes amis, s’écrie-t-il à l’œuvre maintenant ! il est temps ! Et dchout, au bord de la mare, il laisse glisser la boîte dans le fleuve, où elle s'enfonce et disparaît sans bruit. Mais Giguère a reRnu la ficelle dans ses mains “et la dévide au fur et à mesure que la boîte descend.”
#4 Bon! la voilà rendue ! s’écrie.t-il de nou-
veau. Qu'un de vous vienne tenir cette ficelle. Bon ! roïdissez-Ilà ! ne la laissez pas mollir ?”
Giguère, alors, plonge sa perche dans la mare, tout & côté de la ficelle. Du premier coup qu’il donne, il sent une résistance ; il retire la perche, elle lui paraît appesantie. Il a avoué depuis, qu’à ce moment, et pour la première fois, il avait senti un frison étrange lui passer par tout le corps. Le voilà qui tire, tire et tire encore. Il faut tirer longtemps pour tirer une longueur de 150 picds. Vers le milieu de la perche, il se repose un peu, puis il se remet au travail presqu’aussitôt avec
avec
Jos. VIREET ÉPOLAGDÉ@IQUÈRE 159
une noôuvélle énervie. ‘Tiens ! Tiens! voilà le daril'qui émnargé s'écrie un des compagrions. :
“ — Prenez vos gafïes !
commande Gigucre, et
attention ! Vous ne bougerez pas que je ne vous l’ordonne !”
Et le dard montait, montait toujours. Enfin, le fardeau retiré apparaît à fleur d’eau, c’est la valise !
Les cœurs battent fort dans les poitrines, mais pas un mot ne se fait entendre. On semble craindre d'effrayer le valise en parlant et de la voir se replonger. Des gaffes et des crocs la saisissent et la soutiennent en dessous, pendant que Giguère, à genoux sur la glace, l’enlève d’un mouvement rapide, presque nerveux, et la dépose à côté de lui.
Inventaire fait du contenu, Giguère en prend sa moitié, qu'il partage avec ses compagnons et va déposer l’autre moitié en banque, au crédit de M. Myrand. “ Avant de nous séparer, dit Giguère à ses compagnons, il faut que je vous fasse part de l'idée qui nous vaut cette trouvaille. Elle pourrait peut-être vous servir une autre fois.
“ Je savais quelles étaient les dimonsions de la
valise de M. Myrand, j'en connaissais aussi à peu
PURES EEE