‹ Nos hommes forts [microforme]Chapitre 30 sur 33 · RES · texte numérisé non relu

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Nous assistons aux : élections de 185. . C’est le matin. de la mise, en nomination des candidats à la haute ville de Québec. Tout le quartier Champlain 8 'agite, les Irlandais rassemblés par groupes, se. consultent, 8 animent, pérorent, profèrent, les injures. les plus. fpicées, à l'adresse des sanadiensfrançais. Chaçun s arine, qui, d’un, bâton, qui, d une gournable, qui, d'une gaycette :. Allons! Len route mes amis, allons rosser les Canadiens, Hourrah pour M. X."'s'écrie un chef de bañde, 2 ét de suite, une longtie procession! se forme derrière lui. La nomination: devait avoir liew' sur le marché de la haute ville, tout auprès dés casernes des Jésuites où une estrade ‘avait été dressée pour les

candidats ét leurs plus influents supporteurs,. :

Les Trlandaïis accoutumés aux triomphes faciles avaient compté, cette fois, sans Castérat, Celui-ci

pt.

Après avoir rassemblé le banc et l'arrière banc de ses élèves, ct des fiers 1à bras, il les avait-o7ganisés, par peletons, qui devaient maxcher-sous le, commandement de chefs d’une bravoure éprouvée: Tous étaient au. rendez-vous, dans tun petit: enelos : gitué au coin des rues Ste. Geneviève et Richefl lieu, en face de la gargotte d’un nommé Lépine. lu Comme neuf heures allaient. sonner, .Castérat. $ apparut dans l'embrasure, d'une, lucarne, de: la.

maison Lépine, Un hourrah général. accuillit son, 1: apparition : | s 89) in L YHO “ Un peu de silence, mes amis, leur dit le dus 1 çais, ménageons nos voix pour le triomphe ; mais". pour l'heure, il s’agit de jouer des bras plutôt que: du gosier, Vous savez que les Irlandais s’orga: ! nisent, qu’ils vont se rendre au poli, armés jusq'aux: dents. Etes-vous prêts à les rencontrer ? 1

— Oui! oui !

“ Je n’ai pas besoin de vous rappeler le souvenir du mal qu'ils vous ont fait, inutile aussi de, vous parler de la haine qu’il vous;ont, jurée.. e, serait douter de votre cœur, Ge serait, laisser. croire. que vous n’en avez pas assez pour’ éprouver. de. sentiment de la vengeance, pour, vous défendre, vous-mêmes.et pour protéger, vos s. propriétés, vos, ral

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| CASERAT sa . 183

Sie vôs sb. Du cœur? du cœur ? est.

ce:à des-canadiens, à des canadiens français, aux descendants dela race la plus brave du monde, est-ce à eux po’ il faudrait demander, s’ils ont du cœur 7”

Jusqu'ici, l'aniéhbo vous a manqué ; Vous ignoriez vos forces: mais, grâce à Dieu, tout va maintenant pour le mieux, de ce côté. Vous connaissez vos chefs, vous avez confiance en eux. Pour moi, qui les ai choisis, je vous réponds de leur courage: Sachez leur obéir: marchez en avant, sans craindre leséçratignures — et je vous réponds, moi Castérat, qu'avant qu’il soit midi, nous aurons purgé la haute-vilta ch le faubourg Saint-Jean de toute cette vermine. ” |

— Hourrah ! Hourrah ! pour Castérat.

A vingt minutes de là, Castérat et sa bande occupaïent: une grande {partie du terrain, en face de : la cathédrale : sur le penchant de la côte s'agitait une massé grouillante d'Irlandais. ‘Il ÿ avait un espade vide, de plus de soixante pieds, entré les : deux’ groupes; 6h pourrait: ‘dire éntre les deux armées, car tous ceux qui faisaient partie de ces

184 NOS HOMMES FORTS groupes avaient l'intention bien arrêtée de se battre. Les gens paisibles, les honnêtes bourgeois, comme on les appelle, étaient restés à la maison.

‘ À peiné les candidats sont-ils mis en nomination — deux canadiens contre deux anglais — chaque groupe applaudissant les siens, qu’une pierre lancée, du côté des Irlandais, vient plonger dans la foule des canadiens : un homme tombe, la face saignante : sa

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