‹ Nos intimes. comédie en quatre actesChapitre 70 sur 120 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

Car, après tout, ce que tu me demandes là n*est pas précisément homiete I

MADAME VIGNEUX.

Pas précisément!

CAUSSADE

Merci!.»*

VIGNEUX.

Tu clierches à pousser ton jeune homme par faveur, au dédment de vingt autres !

MADAME VIGNEUX.

Qui valent mieux que lui !...

VIGNEUX.

Et vouloir que je donne la main à ce tripotage, sous prétexte d'amitié... C'est... tranchons le mot!... c'est de l'intrigue!..,

MADAME VIGNEUX.

Tout simplement!

(Elle Ya s'asseoir dans le fauteuil.) CAUSSADE.

Eh bien, dites de la corruption!... et ajoutez que je suis un profond scélérat !

VIGNEUX.

Mon Dieu ! je ne dis pas cela 1

(il remonte et va s'asseoir sur le canapé.) CAUSSADE, allant à lui.

C'est heureux!... Ah! ça, tu te moques de moi, dis donc !... (ai n'est pas sérieux ! Si je t'avais répondu de telles calembredaines toutes les lois que tu as fait appel à mon crédit et à ma L ourse!...

VIGNEUX.

Ah ! nous y voilà !

MADAME VIGNEUX.

Des reproches!...

VIGNEUX.

Qu'est-ce que je vous disais, madame Vigneux?

MADAME VIGNEUX.

Cela doit toujours finir par là!...

CAUSSADE, passant derrière Vigneux et prenant le milieu de la scène»

Mais non!... Mais, en vérité, vous me faites dire des choses

94 NOS INTIMESI

YIÛNEUX.

Ah^. mon Dien!... ne te gene pas... va... nous sommes faits pour tout entendre!...

MADAME VIGNEUX.

Quand on a eu dans sa vie le malheur de recourir aux autres i...

CAUSSADE

Mais c'est vous qui...

VIGNEUX.

Dis tout de suite que tu veux me faire payer les services que tu as pu me rendre?

Mais non, seulement...

VIGNEUX.

Ahî... si j'avais pu croire en acceptant que je vendais ma conscience!...

CAUSSADE, éclatant.

Ah l la conscience!... J'attendais la conscience! Mais, jour de Dieu!... garde-la, ta conscience... Qu'est-ce que tu veux que j'en fosse... de ta conscience?... Voila quarante-cinq ans qu'elle n'est bonne à rien !.,.

VIGNEUX.

COTssade, ces paroles...

CAUSSADE

Ah! parce que tu es mon ami!... Ahî si tu n'étais pas mon ami!... si je ne te connaissais pas du tout, je serais poli!... je te cacherais tes vérités... mais avec un ami... jamais !... l'intérêt même que je te porte m'ordonne de te dire des choses désagréables; je ne veux pas être accusé de complaisance, de camaraderie et de favoritisme !

(Il passe à gauche.)

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