‹ Nos intimes. comédie en quatre actesChapitre 83 sur 120 · SCÈNE VIII Les MÊMES, CÉCILE, puisTHOLOSAN, BENJAMINE et MAURICE · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII Les MÊMES, CÉCILE, puisTHOLOSAN, BENJAMINE et MAURICE

CECILE, entrant avec Benjamine,

Eh ! bien, vous ne descendez pas au jardin avant qu'il lusse tout à fait nuit 'i

CAUSSADE

Non, nous causions... nous parlions.

MAURICE, entrant avec Tholosan, qui ne le lâche plus, sous prélexJe de lui donner le Lras.

Mais, dis donc, tu m'ennuies, toi.

THOLOSAN.

Devant le monde, je puis te lâcher.

(Ils vont à la fenêtre et causent avec Benjamine.) CÉCILE.

Et de quelle chose si intéressante parlez-vous, messieurs ?

VIGNEUX.

Oh! d'une petite affaire!...

MARÉCAT

Qui ne vous amuserait pas du tout... du tout!

VIGNEUX.

Et qui oblige Caussade à partir ce soir pour Paris.

CÉCILE

Ce soir?

CAUSSADE, embanassé.

Oui.., je....

MARÉCAT, vivement.

Il a iTçu tout :\ riieurc une lettre.,.. N'esî-ce pas? C'est trèspressé? Il s'agit d'un débiteur contre lequel il a prise de corps, et que nous voulons faire coffrer au lever du soleil. (A Vigneux.) C'est de mon temps, ça!... On ne trouve plus des choses comme ça.

CÉCILE, à Caiissade.

Eh bien! vous ne pouvez pas charger quelqu'un?

MARÉCAT

Oh ! impossible, Virginie... (Se reprenant.) Non, pardon, je veux dire...

Cécile i Tholosan, Maurice, Benjamine au fond : Caussade Vigneui. Tdarecal.

412 ^'0S INTIMESI

CÉCILE

Eh bien l vous partirez demain matin de bonae heure.

CAUSSADE

En effet, je pourrais...

(Cécile remonte près de la table.) MARÉCAT, bas.

Eh bien! tu faiblis?

CAUSSADE, bas.

Mais regardez-la et dites moi si c'est là unefemme coupable 1 Vous voyez bien qu'elle ne veut pas que je la quitte.

MARÉCAT

Virginie non plus ne voulait pas que je la quittasse I

CAUSSADE

Ce n'est pas une preuve ?

MARÉCAT

Au contraire! Regarde Maurice qui n'a pas osé te donner la main de toute lajournée.

CAUSSADE, frappé.

Maurice... c'est vrai!

CÉCILE, revenant à eux.

Avez-vous fini de délibérer?

CAUSSADE

Oui; décidément,,.

Vous restez?

(Maurice redescend. <— Tholosan reste au fond, sur le balcon, ayec Benjamine.)

CAUSSADE

Non! je pars... Tu comprends; c'est forcé i.. (a part.) Ils ont raison, j'aime mieux en finir tout de suite.

CÉCILE

Comment!... si tard?

(La nuit commence à venir.) CAUSSADE, affectant l'air dégagé.

Pour une nuit, il n'arrivera rien La maison ne va pas

brûler, n'est-ce pas V D'ailleurs il y a di] monde i Vigneux ! Marécat/ Maurice! Tu me réponds de ma femme, toi. (ii va à lui et i«i prend la main.) Je te la confie... à toi surtout.

(Cécilïs remonte et fait signe à Benjamine, qui va chercher dans ]a chambre le paletot de son père. — Musique jusqu'à la fin delà scène.)

* Maurice près de la table, Caussade, Cécile, Tholosan au fond, Marécat, Vi«

ACTE TROISIÈME. 118 MAURICE, embarrassé, cherchant à éviter scn regard.

Soyez tranquille!

(Il remonte.)

CADSSADE, à part, après avoir serré la main de Maurice.

Ah ! cette main gîacée l

CÉCILE, redescendant.

Mais vous reviendrez demain pour déjeuner?

CAUSSADE, sans la regarder.

Pour déjeuner, oui...

(Il fait quelques pas pour sortir.

CÉCILE

Eh bien! vous partez comme cela?

CAUSSADE, revenant à elle.

Non! (Il Tembrasse froidement d'abord, puis avec passion.) Ohl Cô Xl*est

pas possible l

CÉCILE, relevant la tête.

Quoi donc?

CAUSSADE, composant son visage.

Rien! rien!

BENJAMINE, arrivant à lui, portant un châle.

Et moi, papa, tu ne m'embrasses pas?

CAUSSADE

Si ! Si ! (Il l'embrasse* Benjamine remonte près de Cécile et lui donne le châ.e que Cécile met. Laurent est entré avec le paletot pour Caussade. — Caussade descendant seul au milieu de la scène et avec des larmes dans la voix ) MoU

Dieu!... je suis pourtant un bon mari, un bon père! Qu'est-ce donc qu'il faut être?

VIGNEUX, remarquant son émotion.

Allons! viens ! viens!

THOLOSAN, quittant lebt'conet descendant à droite.

Comment! il part?

CÉCILE, prenant le bras de Caussade.

Je VOUS accompagne jusqu'au chemin de fer,

MARÉCAT, à part.

Comme Virginie!

BENJAMINE

Et moi aussi, maman, et moi?

CAUSSADE

Allons !

'Caussade sort donnant le bras à sa femme; Vigneux donne le sien à Benjamins MARÉCAT, les suivant.

Est-il heureux d'avoir des amis comme nous, celui-là I

(Il sort avec Maurice.)

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