‹ Nos intimes. comédie en quatre actesChapitre 90 sur 120 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

CÉCILE, effrayée, se Wrgcu

AfaI

MAURICE

C*est moi!

CÉCILE

Maurice!

MAURICE

Oui, je suis entré par cette porte! Personne ne m'a vu:

CÉCILE

Ici, vous!

MAURICE

Personne!... Je n'ai qu'un pas à faire et je suis chez moi! (suppliant.) Vous n'avez rien à craindre, nous sommes seuls, libres! 11 est parti! Tout dort !.. Et je puis vous voir enfin, et vous regarder à mon aise! Ahl c'est vous qui êtes là... Et il n'y a plus personne... et rien ici pour éteindre l'amour dans mes yeux et pour l'étouffer sur mes lèvres.

CÉCILE, séparée de lui par le divan.

Il faut bien vous pardonner!... vous êtes un enfant!... Mais maintenant que vous m'avez vue... que vous m'avez parlé... rentrez chez vous...

MAURICE, suppliant.

Oh! non... non...

CÉCILE, reculant un peu.

Maurice 1

MAURICE, dépassant le divan, à gauche.

Je ne suis pas venu pour vous quitter ainsi; j'ai tant decnosc3 à vous dire.

CÉCILE

Je vous en prie!...

MAURICE

C'est moi qui vous en prie!... Ne me renvoyez pas!... Laissez-moi là, tenez! A vos genoux.

(Il tombe à genoux sur le tapis.) CÉCILE, reculant toujours.

Non!...

MAURICE, saisissant sts mains.

Si!... Ah! que je t'aime!...

CÉCILE, séparée de lui par une chaise qui est restée là depuis le duel.

Mon Dieu!... si on venait!... Maurice.c* m n'est pas raison aable!... Mon ami, on peut venir-

MAURICE, l'attirant à lui, et l'enlaçant de ses bras.

On ne viendra pas et il n'y a que nous deux au monde, et je veux couvrir tes mains de mes caresses, l'envelopper de mon amour, et me griser une fois du parfum de ta beauté, du regard de les yeux et du souffle de tes lèvres.

CÉCILE , enivrée, et tonabant sur la chaise. Ah !... je t'ai ! (Se relevant d'un bond, et s'échappant vers la gauche.)

kh 1 c'est de la. folie, /aissez-moi. Ahl que je suis coupable, et que je suis punie!

(Elle toNQbe sur le fauteuil.)

MAUBICE.

Coupable!...

CÉCILE , se relevant, désespérée.

Oui, coupable de n'avoir pas étouffé cet amour dans votre cœur; coupable d'avoir si mal veillé sur nousl Coupable de vous laisser faire ce que vous faites ce soir, au risque de nous perdre tous deux... et punie î... ahl bien punie, par le mépris que j'ai pour moi!...

MAURICE

Du mépris!...

CÉCILE

Ah! tenez, laissez-moi, je suis une misérable, une folle 6t une lâche!...

MAURICE , s'avançant vers elle, avec tendresse.

Parce que vous m'aimez?

CÉCILE

C'est fauxloo. je ne vous aime pas... Laissez-moi... vous n'avez pas le droit d'être ici... qu'est-ce que vous faites ici?... Chez mon mari?... Chez votre ami?... c'est une infamie! Allez, vous-en!...

MAURICE, de même.

Jg ne suis pas chez lui, mais chez vous, qui tantôt...

CÉCILE

Ce n'est pas vrai! Je mentais!... Vous m*avez surprise, sans défense, et vous m'avez si bien bercée et enivrée de vos paroles ardentes que je ne savais plus ce que je répondais... et alors, j'ai cru... j'ai dit... qu'est-ce que j'ai dit, d'ailleurs?... Je ne le sais plus!... Mais je ne veux plus vous aimer!... je ne le veux pas!... Non, je ne vous aime pas!...

MAURICE, l'enlaçant ds ses bras.

Ah!... tu m'aiaies donc bien pour t'en défendre si fort!..,

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