ACTE TROISlExME. 121 CÉCILE, cherchant à se dégager
Ah ! misérable que je suis !.. . Il ne me croit plus !..
MAURICE
Et pourquoi te défendre?... et de quoi?. . De cet amour qui est devenu ma vie, la tienne, notre âme à tous deux... tu Je vois bien, puisque tu n'as plus la force de me repousser et que lu vas être à moi !...
CÉt^ILE, se dégageant, et s'élançant loin de lui.
Ahl jamais!...
(Elle passe entre le guéridon et la porte à gauche, et lui échappe.) MAURICE.
Cécile!...
CÉCILE, résolument.
Jamais!... Ah! ma honte et la vôtre; c'est là ce que vous voulez... n'est-ce pas? Et quand vous parlez d'amour... Votre amour, le voilai... C'est cela, votre amour?...
MAURICE, faisant le même mouvement qu'elle.
Et comment veux-tu donc que je t'aime si ce n'est toute
à moi ?
CÉCII.E, reculant au milieu de la scène, vers la droite.
Ah! ne m'approchez pas!,., vous me faites peur!... Ah! mon Dieu !... En suis-je là? Vous ai-je donné le droit de tout dire et de tout oser?.. Et suis-je allée si lova dans l'oubli de tous mes devoirs, que je vous étonne maintenant avec mes retours de pudeur?...
MAURICE
Cécile!...
CÉCILE
Ah! légère, frivole, coquette, absurde, oui!... Mais votre maîtresse, non !...
MAURICE, que le vertige commence à gagner
Et que voulez-vous être?...
CÉCILE , lui montrant sa porte.
Votre ennemie!... Si vous ne sortez pas!...
MAURICE
Vous seriez la première à rire de moi, si j'étais assez fou jour le faire!...
CÉCILE, faisant un pas vers lui,
Rire!.., Ahl regardez-moi donci Est-ce que je ris?...
MAURICE
Ahl je vois que tu es belle... et que tu nVaîmes malgré toi... et que je t'aime encore plus dans tes colères!...
( Ilva pcar la saisir.)
CÉCILE
î.aissez-moi!... Ou, au risque de tout perdre!... j'appelle!..,
(Elle s'clan*^^ vers la fenêtre.) MAURICE, la devançant, et lui bjrra'^t le p^Fslge à la fenêtre*
Appelle!...
CÉCILE, épouvantée.
Maurice!... ( Elle court à la porte d'entrée, et cherche à Touvrir. ) Fci
Illée I... (Elle redescend d'un pas en renversaat la chaise, écartée par Maurice, et aperçoit le cordon de sonnette. — Mouvement de Maurice. — Elle s'élance
vers la console.) Si VOUS faites lui pas... je sonne!...
MAURICE, la devançant, et saisissant le cordon d'uner main, en le brisant de l'au" re.
Nonl Vous ne sonnerez pas!...
(Il jette le cortion à terre.) CÉCILE, au comble de l'effroi.
Maurice, mon ainiî... par pitié !...
MAURICE, revenant à elle, lui prenant la main.
Nonl...
CÉCILE, reculant.
Je veux sortir!... j*ai peur!... Maurice!... je vous en supplie 1... Oh ! vous êtes un misérable!... Et vous me faites horreur!... Je vous hais!... Maurice!... Mon amour!... (EUe tomba sur le divan.) Oh! le lâchc qui use de sa force contre une femme!...
(Elle se relève et le repousse.) MAURICE, à ses genoux.
Je t*adoreî... Pardonne-moi!... Et dis-moi que tu m'aimes!.**
CÉCILE, insistant, debout *.
Je suis perdue!...
MAURICE, de même.
Dis-le donc!...
CÉCILE, avec espoir, frappée d'une liéj subiSa,
Ah! la fenêtre!...
MAURICE
Mais dis 4e donc!...
CÉCILE
Eh bien... oui!... oui !...
* Musiaue.