‹ Nos invisiblesChapitre 108 sur 203 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

L'âge qui apporte avec lui des transformations souvent heureuses, a cependant une tendance fatale à corrompre deux qualités, qui semblent être l'apanage de l'enfance et qui ont nom : flexibilité et pureté.

L'être, qui n'en est qu'au début de la vie, ne les possède pourtant pas dans toute leur intégrité, sa condition matérielle ne lui permettant la possession complète d'aucune vertu. Néanmoins la flexibilité, la pureté, sont plus développées chez l'enfant que les autres qualités.

Il n'est ni indécent ni décent, parce qu'il ignore justement le sens qu'on attache au mot « immoral ». Sa pudeur n'existe pas, parce qu'il ne peut comprendre pour quelle raison elle lui est imposée, ses actes n'ayant aucun cachet de recherche vers la concupiscence.

Il est aussi infiniment flexible, malléable. C’est pourquoi l'éducation de la première enfance joue un rôle si important.

L'âme de l'enfant n’est, en réalité, qu’une sorte de pâte molle sur laquelle ses éducateurs peuvent imprimer tous les défauts et toutes les vocations. Mais pour remplir ce rôle, pour faire de l'enfant une âme forte, il ne faut pas attendre le concours des années sous le prétexte que la raison peut aider ses éducateurs.

Lorsque cette raison fait son apparition, la flexibilité, en revanche, disparaît ou,

tout au moins, s'atténue considérablement. L'enfant ne s'en rapporte plus aux conseils et aux exhortations que les auteurs de ses jours se croient en droit de lui adresser ; 1l éprouve le besoin de la contradiction, et, comme le bon sens et le jugement lui manquent, 1l se trompe et s'embarque souvent du côté de l'erreur au lieu de prendre le sentier de la vérité.

Il n’en sera jamais ainsi si les parents veulent bien profiter de la flexibilité de son tout jeune âge, pour lui inculquer les principes austères du bien et de la morale. Tout naturellement alors, leur enseignement s’imprimera dans l’âme malléable de leur rejeton, et le résultat subsistera la vie entière. Mais malheur aussi aux parents qui abuseront de cette flexibilité pour imposer à leurs enfants ce qui fait la misère des hommes terrestres, c’est-à-dire la cupidité, l'orgueil, la Jalousie et toutes les passions basses qui défigurent immédiatement la sainte pureté de l'enfance, et qui, comme autant de chiens fidèles, s’attachent à ses pas jusqu’au tombeau |

Pour comprendre toute l'importance qu'il y a à conserver en soi la flexibilité et la pureté, ces apanages gracieux de l'enfance, il faut se rappeler la parole du Christ adressée à ses apôtres :

« En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne devenez semblables à de petits enfants, vous n'aurez point part au royaume de Dieu. »

Qu’a donc voulu dire le grand Messie par ces paroles qui peuvent paraître, au premier abord, incompréhensibles et même incohérentes ?

Il a voulu dire tout simplement que, pour arriver à la possession du domaine de Dieu, ou demeure parfaitement heureuse et entièrement parfaite, nous devons être flexibles sous la bonne inspiration et posséder la pureté.

Sur la valeur du mot « pureté », l’on s’est trompé maintes fois. On l’a interprété dans le sens de virginité, et, de cette manière, on en est arrivé à se rendre à soi-même cette vertu à peu près inaccessible, tout le monde ne pouvant entrer dans les ordres ou dans les cloîtres.

La pureté n’est autre que l’application au bien dans toutes les pratiques de la vie. S'appliquer à faire de son mieux, voilà ce qui la constitue. S'essayer au bien en tout, pour tout, voilà l’effet de la réelle pureté. Faire converger toutes ses aspirations vers une perpétuelle amélioration, ne jamais rien laisser à la fantaisie, au caprice, ne jamais perdre de vue la fin pour laquelle on a été créé, tels sont

les effets de la pureté du cœur encore mille fois plus appréciable, mille fois plus

es

ne ER

han:

nn

oo ps Es = = GE cie LS tt ee ?

FAT AE SES à et A

fn : ne mn 4. or Du pr” . LS Pre

7 dr: Sn: di hé -

RQ

Page 1