CHAPITRE XXXVII
Les devoirs des rois sont complexes. Ils requièrent une élévation d'âme, un désintéressement absolu, auxquels seuls peuvent parvenir ceux qui pressentent déjà par avance la grandeur et la sublimité divines.
Le gouvernement des peuples leur appartient. L'exercice des droits et des prérogatives est leur lot. Ils peuvent édifier ou renverser, punir ou récompenser, louer ou blämer sans justice, jouir sans serupule. Que leur importe, puisqu ils sont rois?
Mais, lorsqu'ils comprennent entièrement leur mission, ils peuvent et doivent
se rendre compte que leur situation est loin d’être une sinécure, et que la res-
ponsabilité morale qu'ils encourent n’est pas pour la seule terre, mais encore bien plus pour l'infini au-delà.
Ayant à régir les consciences et les mœurs, 1ls doivent apporter dans cette tâche le tact le plus complet, ils doivent faire abstraction des affections particulières pour ne songer qu'au bien général de leurs sujets. Ils doivent s’efforcer de fire régner l'équité et le bon droit, et enfin il est encore de leur devoir d'éviter trop de grandeur, trop de dignité hautaine. Un roi doit être populaire avant tout ; il ne doit pas tellement priser les questions de protocole qu'il en arrive en quelque sorte à rester inaccessible à son peuple; mais 1l doit, au contraire, s efforcer
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de deviner ses désirs, de savoir quels sont ses besoins, afin de remédier à ses
Haux.
Mais le devoir des rois ne s'arrête pas là. Avant toute autre chose, avant même