‹ Nos invisiblesChapitre 144 sur 203 · TEA · texte numérisé non relu

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de s'enquérir des besoins de leurs sujets, ils doivent respecter la liberté de leur conscience, laisser toutes les croyances et toutes les religions se donner libre cours, permettre toutes les apostasies et toutes les hérésies, du moment où elles ne sont que l'expression, le reflet exact, de ce que l’on croit et de ce que l’on pense. | Quoique tous ces devoirs soient aussi mal interprétés que possible par la plupart des rois, il faut cependant leur rendre cette justice que la pratique même de ces devoirs est hérissée de difficultés. Tout semble surgir sous les pas des souverains pour les empêcher de mettre en œuvre leurs meilleures résolutions. Toutes les obligations du protocole, les tentations, l’encens des flatteries, produisent une atmosphère viciée dans laquelle ils arrivent à vivre par intoxication. Il faut être un homme foncièrement sage pour ne pas se croire d’une essence différente des autres hommes, lorsque, partout et en tout, la place prépondérante est

réservée, lorsque le plus léger blâme n’est jamais infligé, lorsqu'en un mot une

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adulation perpétuelle est pratiquée vis-à-vis de ce roi dont le seul mérite est d’être

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né roi... Mais est-ce même un mérite ?

S1 la naissance d’une âme n’était autre que le résultat d'un hasard fortuit, les grands de la terre auraient droit à toutes les indulgences, à toutes les circonstances atténuantes. Malheureusement pour eux il n’en est pas ainsi. Nous ne devons pas oublier, en effet, que l'Esprit qui a à revenir sur terre, choisit luimême son incarnation. Il sait d'ores et d'avance quelles sont les luttes auxquelles il va s’exposer en choisissant une condition élevée. Souvent il tient à écarter les épidémies, les fièvres, la guerre ; mais il s'expose à rencontrer une maladie plus grave et plus nuisible que tous ces maux et qui règne à l’état permanent sur les trônes. La science et le progrès sont impuissants à la faire disparaître. Ils ne peuvent supprimer ce mal qui atteint plus spécialement les grands de ce monde, et qui se répand dans leur ambiance avec la mème profusion que la vie et la lumière.

L'ennui, tel est son nom, Insinuant et terrible il se glisse au cœur des rois, trace en eux un sillon qui ne s’effacera plus. Mille fois plus terrible que la mort, il mine et ne tue pas. Son œuvre est lente, progressive, désastreuse,

" 10 ’ A Ce visiteur, ce fléau, n’a garde de s attaquer à ceux qui marchent humblement

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