‹ Nos invisiblesChapitre 145 sur 203 · nn D : 4. © x 4 { NW 1 tÀ w 0 l À 140 : } : J D L · texte numérisé non relu

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et sûrement dans le sentier de la vie. Il s'attaque surtout aux faibles rois ; il leur montre l'avenir sous le jour le plus accablant, la monotonie la plus désespérante ; il les dégoûte du présent ; et si un passé rempli de souvenirs heureux possède encore la vertu de faire sourire ces pauvres malheureux, il jette sur ce passé un voile épais, et s'efforce de leur persuader que ce bonheur n'a été qu'un éclair qui ne luira plus jamais pour eux.

Qu'est-ce donc, en réalité, que cet ennui maladif qui n'est engendré par aucun microbe ? Est-il le résultat d’un de ces mauvais sentiments qu'on apporte avec soi en naissant? Non. L’ennui ne peut être classé dans les défauts originels de la pauvre humanité. L'enfant ne naît pas ennuyé, mais 1l le deviendra forcément si, en devenant homme, sa vie n’est plus qu'un composé d'honneurs, de jouissances, d'adulations. Tout devient alors souffrances pour le monarque. L'enthousiasme n'existe plus ; les joies de la vie ne lui paraissent être que des chimères ; 1l n'y croit plus, et bientôt il vient un moment où il est tellement certain du néant du bonheur, que le sommeil éternel lui semble seul digne d'envie; et c'est ainsi qu'après s'être désintéressé de lui-même, il se désintéresse de ses sujets et ne s occupe plus du bonheur de son peuple.

Pauvres rois! ilest difficile de ne pas se sentir profondément attristé, en vous contemplant, et ce spectacle fait désirer encore plus ardemment l'avènement complet de l'Esprit de vérité, de Celui qui doit enseigner toutes choses.

Pourtant Dieu a tout prévu, et le remède est toujours en opposition au mal. L'ennui ne fait pas exception à cette règle. Pour le faire disparaitre, 11 faut commencer par repousser énergiquement le plus léger abattement ; 11 faut avoir le courage de vivre sans crainte de l'avenir. En agissant ainsi l'Esprit n'a pas d'ascendant sur l'être ennuyé, et le fluide lassé n'attirera pas autour de soi des êtres qui ont quitté la terre imprégnés de cette maladie d'ennui.

Mais pour les rois, dont la tâche est plus lourde, il ne suffit pas de réagir. Il faut encore qu'ils se pénètrent bien de cette idée que toute mollesse, tout manquement à leur devoir, constituent une faute grave qu'ils devront expier lourdement au cours de leur éternelle vie, lorsque, leur âme ayant quitté définitivement leur corps, 1ls laisseront ici-bas leurs couronnes, leurs prérogatives. Et en quoi consistera cette expiation ? Hélas ! encore et toujours ce sera l'ennui qui la leur fournira, ennui plus sombre, plus lourd et plus accablant que n'a été celui qu'ils

ont déjà ressenti sur terre. Mais si, au contraire, ils ont lutté, s ils se sont pénétré

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