‹ Nos invisiblesChapitre 15 sur 203 · MYSTÈRE DE LA VIE ÉTERNELLE · texte numérisé non relu

MYSTÈRE DE LA VIE ÉTERNELLE

Le cycle de la vie est un perpétuel mystère, une énigme indéchiffrable qui se plaît à défier la sagacité, la perspicacité et l'effort de l’homme.

Soit que celui-c1 s'essaye à comprendre la raison qui fait éclore le bourgeon, germer le grain, soit qu'il cherche à pénétrer le procédé par lequel la chenille devient chrysalide, soit encore qu'il demande aux nuages de lui révéler le secret de leur formation, 1l se heurte de toutes parts à la même impénétrabilité, au même mystère qui l’oblige à courber lefront, en convenant que s’il sait quelque chose, cette infime science disparaît devant le Thaumaturge qui possède le secret de ce qui l'entoure.

Dés sa conception, avant même qu'il soit venu jeter son premier cri d'angoisse devant l’avenir d'épreuves qui s'ouvre devant lui, l'être humain est enveloppé de mystère. Comment se forme-t-il, cet enfant? Pourquoi emprunte-t-il un sexe plutôt qu'un autre? Pour quelle raison ses membres frêles lui refusent-ils en naissant ce que la nature concède à l'animal, la faculté de marcher, de prendre sa nourriture seul, sans aide? Par quelle étrange assimilation de son être avec ses parents, arrive-t-1l à leur ressembler ? Pourquoi leur emprunte-t-il parfois les défauts et les qualités qui n’appartiennent qu'à la partie pensante?

Autant de mystères qui ne s'expliquent pas sur terre, et lorsque l'homme,

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lassé de répéter à satiété ses éternelles questions, lève les yeux vers les astres qui scintillent comme autant de rivières de diamants sur la voûte aux transparences azurées, il constate que là comme ailleurs 1l n'y a pas de réponse.

Ces mystères répétés, multiples, pourraient constituer la plus grande cause de trouble chez l'homme dont la sérénité est facilement troublée, s1ls ne contenaient en eux-mêmes l'affirmation indéniable de l'existence de Dieu.

Devant les secrets de la nature, l’homme reste un piètre imitateur. Il peut jusqu'à un certain point se donner l'illusion d'être, lui aussi, un créateur aux conceptions osées. Il lui est possible de perfectionner la fleur, 1l réussit parfois à détourner la foudre, mais, pour cultiver cette fleur et détourner cette foudre, 1l lui est indispensable de recourir à la matière première qu'il n a pas composée et dont 1l ignore la provenance.

Lors même qu'il distillerait les substances dont se compose l'air ambiant, qu'il saisirait à pleines mains ces courants mystérieux et puissants qui s appellent : électricité, radium, rayons X, télégraphie sans fil, 1l devrait encore et toujours se rendre à cette formelle évidence, qu'il n’a fait que découvrir et quiln a rien créé...

Les limites de son intelligence s'arrêtent à cette création. Les titres de producteur merveilleux, de chercheur infatigable, peuvent lui être appliqués... Le titre d’inventeur est un abus, ses inventions n'étant autres que la révélation de choses 1gnorées jusqu alors.

[1 est impossible qu'en suivant ce raisonnement dans toute sa logique on n arrive pas à la conclusion d’un principe supérieur, cause des causes, trop différent

de ce que nous sommes nous-mêmes pour être analysé et défini.

C'est le mystère même qui affirme la réalité d’une puissance indéfinissable.

La Création n’est pas l’œuvre d’un hasard qui pourrait, du reste, n'être qu'une

vague dénomination de la puissance créatrice. L'œuvre universelle ne peut em-

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prunter sa force qu'à une intelligence raisonnable et raisonnée entre toutes. Il

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suffit d'étudier cette œuvre pour en acquérir la conviction. Tout y trouve sa place. Il n y a aucune note discordante ; tout au plus s'y rencontre-t-1l quelques inutilités, nous semble-t-1l, mais ce dernier jugement est une appréciation toute humaine. l, insecte et la bête fauve qui nous paraissent autant d'éléments nuisibles dans le concert de la création, ont assurément leur raison d’être; ils sont une des

multiples formes de la vie. L'enseignement d’au-delàa nous apprend même que

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