‹ Nos invisiblesChapitre 150 sur 203 · À J A LT · texte numérisé non relu

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Si le luxe, le faste, les triomphes, leur firent cortège, le sang, les violences, les injustices, leur firent cortège aussi. C’est pour cela qu'ayant beaucoup tué 1ls resteront longtemps dans les basses couches, à moins qu'ils ne préfèrent, comme beaucoup l’ont déjà fait et le feront encore, venir demander à la réincarnation expiatoire le pardon du sang versé. |

Dans l’erraticité aucun courtisan ne guette leur venue. Aucun protocole ne règle les relations qu'ils ont avec les autres Esprits, et je dois dire, du reste, qu'ils comprennent vite combien il serait absurdede leur part de réclamer ces honneurs qu'ils n’ontque trop brigués dans leur incarnation terrestre.

Et maintenant, ami lecteur, que tu sais ce qu'il en est, permets-mot de te donner un dernier conseil, avant que je reprenne ma course dans ces espaces peuplés d'Esprits qui ne veulent pas de rois.

Lorsque, pris de cette tristesse qui est inhérente à la terre et qui n’est autre qu'une nostalgie de l'au-delà, tu élèves ton àme vers notre république d'élite en suppliant un de ses habitants de se rendre à ta voix, lorsque tu te recueilles avec le sérieux d’un homme qui va accomplir un acte grave entre tous, n'évoque pas les rois. Beaucoup d’entre eux ont quitté cet au-delà qui fait le sujet de tes désirs, etquelque mauvais plaisant (rappelle toi qu'il s'en trouve dans les basses couches) pourrait se substituer à celui que tu demandes, pour te jouer de fort mauvais tours. Il te prédiraif, par exemple, un héritage que tu ne peux avoir, puisque toi et les tiens vous êtes de la race de Job, ou bien une aventure que Dieu seul peut connaître. Si, au contraire, c'était le roi évoqué qui vint en personne, il serait fort mécontent que tu lui donnes ce titre qui lui est un souvenir pénible qu'il tient à écarter de lui le plus possible.

Laisse donc les rois dormir en paix, ou plutôt laisse-les travailler sans interruption (cette dernière expression est plus juste), et si tu es friand d’un bon avis, de réconfortants encouragements, appelle les saints, c'est-à-dire ceux qui ont connu la pauvreté, la fatigue, la souffrance, et dont la dernière charité sera pour toi, si tu sais leur demander cette visite avec instance; car il n’est rien de tel que l'entretien des humbles du passé pour fortifier les hésitants du présent d'ieibas.

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