‹ Nos invisiblesChapitre 154 sur 203 · MO · texte numérisé non relu

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au Créateur. La plus simple logique nous fait comprendre que, lorsque nous aimons quelqu'un, nous nous efforçons de nous rapprocher de lui, nous cherchons à vivre dans son atmosphère, à marcher dans son sillon. Aimer le bien, c'est donc aimer Dieu ; mettre en pratique ce bien, c’est vivre par lui et en lur.

L'amour de ce Dieu, ou pratique du bien, n’exclue nullement les affections particulières. La famille, les amis très chers, ont absolument le droit d'être les préférés de nos cœurs. Il est naturel que nous nous dévouions spécialement pour eux, Car ils rentrent dans le cadre des missions spéciales qui nous sont affectées durant la vie terrestre. Il n’y a donc aucun égoïsme à s'occuper de son enfant, de son père, d'amis dévoués.

La charité doit évidemment s'étendre à tous les êtres. Nous n'avons pas le

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droit de passer indifférents au milieu des douleurs d'autrui. Mais laisser, par

exemple, un vieux père infirme aux soins des domestiques, pour courir secourir

d’autres pères qui ne nous sont rien, s’occuper des enfants des autres et négliger

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les siens, est une aberration que rien n'autorise et ne justifie.

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Il ne faut pas l'oublier, le premier précepte de charité est de ne faire aux

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autres que ce qu’on voudrait qu'on vous fit, c’est-à-dire qu'avant même de leur

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faire du bien, il faut avant tout ne pas leur faire de mal, et c'est généralement ce

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précepte qui reçoit le plus de coups de canifs, faire l’aumône étant en réalité beaucoup plus facile que de savoir se taire.

Je souhaite que les incarnés arrivent à se persuader de cette vérité, que tout bläme injuste, toute parole aigre-douce, tout manque d’intolérance, sont autant d'actes anti-charitables qui éloignent du Bien ou Dieu.

Sans la bonté du cœur les autres actes ne sont absolument rien. Rendre un service en maugréant, faire une aumône en dédaignant, ne peuvent s'appeler la pratique de la charité. Pour que celle-ci soit efficace, pour qu'elle nous amène sûrement et promptement vers le but proposé, il faut que nous la fassions avec compassion. Il est utile que nous ne l’assimilions pas à un simple solde vis-à-vis du Créateur, Nous devons, au contraire, éloigner de nous avec soin tout ce qui sent l’intérêt, pour ne penser qu'à Pacte présent, qu'à la misère morale ou physique que nous soulageons, qui eut pu être la nôtre propre.

Ce que l’on peut reprocher, en effet, aux terrestres, c’est que, d'une manière générale, ils raisonnent trop la charité. Pour que celle-ci leur devienne plus facile

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