‹ Nos invisiblesChapitre 155 sur 203 · LE Ë | L · texte numérisé non relu

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bien, que ce bien c’est Dieu, c’est-à-dire le plus sublime des voisinages, le seul vers lequel on n’éprouve pas de déceptions.

La charité ne s'étend pas seulement au prochain, elle doit encore se pratiquer envers so1-même.

D'une manière générale, l'homme est assez disposé à s'appliquer toutes les indulgences, à s’attribuer tous les pardons ; mais il y a cependant des exceptions à cette règle. Il existe des êtres fougueux, absolument déterminés à la réforme de leur vie ; ils sont parfois dangereux pour eux-mêmes ; ils se ruent littéralement à l'assaut de qualités trop en disproportion avec leurs aptitudes ; 1ls sont d’une sévérité vis-à-vis d'eux qui entrave leur progrès même. En agissant ainsi, ils ne pratiquent pas cette charité personnelle dont je viens de parler. Mais 1l y.a encore une autre catégorie de gens qui sont anticharitables pour leurs âmes : ce sont ceux qui ne s’en occupent pas, ceux qui la laissent se développer au gré de leurs instincts, ceux qui n’apportent aucune patience ferme dans l’œuvre de leur régénération propre, et qui semblent avoir oublié que la vie ne leur a été donnée que pour pratiquer le bien envers les autres et envers eux-mêmes.

Quoiqu’on puisse dire et faire, aucune morale, aucune théorie, aucune philosophie, ne pourront subsister sans la charité. Les unes comme les autres ne manqueront pas de s’écrouler lamentablement, toutes les fois que cette base fonda-

mentale leur fera défaut ; car c’est la vie même qui leur manquera.

Père HENRI.

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