CHAPITRE XL
Il vous à souvent été répété que la vie toute entière devait reposer sur l'amour de Dieu et du prochain, et qu’il n’y avait pas de perfection possible, de progrès réalisable dans ce monde et dans l’autre, si cet amour divin et terrestre n’était pratiqué.
Cette exigence semble plutôt dure aux âmes qui se sont habituées à considérer Dieu comme un étranger qui s occupe exclusivement du fonctionnement général de son œuvre, mais qui en dédaigne les détails. À ces âmes-là il semble assez difficile de dire : Dieu est une Incompréhensibilité, à laquelle vous devez rendre un tribut d'adoration, de louanges et de respect. Elles répondront toujours qu'il leur est impossible d’adorer ce qu'elles ne conçoivent pas, de louer ce qu'elles ignorent, et, de fait, lorsqu'on y réfléchit bien, on est obligé de se demander jusqu à quel point on a le droit d'imposer des actes de foi aux consciences chez lesquelles cette foi n’est pas innée.
Mais le puissant raisonnement vient à bout de tout: C’est par la logique même qu'on arrive à vaincre l’obstination et l’'entêtement ; c'est en fouillant le mystère qu'on apprend à connaître Dieu — autant qu'il peut être connu — et à l'aimer ensuite.
S1 les créatures n'étaient que l'œuvre d’un hasard, si la vie de l’homme abou-
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