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assister à sa naissance. Il n'offre de véritable intérêt pour nous qu’à dater du moment où, ayant subi toutes les transformations qui l'ont amené à l'humanité, il entre dans la lice du combat terrestre pour y faire ses premières armes, y conquérir ses premiers grades et progresser en souffrant.
Ce qui frappe, en effet, le plus vivement, lorsqu'on s’attarde à considérer les faits et les gestes de la petite enfance, c’est cette tendance si prononcée à faire valoir la loi du plus fort ou loi de guerre. L'enfant ignore le système des concessions ou de la patience. Pour qu’il le mette en pratique, il faut l'y contraindre ; en revanche il n’ignore rien de la révolte, de la tyrannie. C'est ainsi qu'on peut le
voir battant ses petits camarades, se querellant, se fAchant, montrant en tout un
esprit de combat, qui n’est que la manifestation dernière d’une infériorité morale antérieure à sa vie terrestre. Car, si odieux que puissent nous paraître les vices humains, si méprisables que soient les tares héréditaires qui s'abattent sur les individus, il n’en est pas moins vrai que ces vices et ces tares sont moindres que ceux qui sont le partage d'êtres que l'homme ignore parce qu'ils ne vivent pas sur son sol, mais bien sur des terres inférieures qui sont les 1mmédiats débarcadères de l’atome devenu successivement pierre, minerai, fleur, animal et homme,
Ce premier homme est tout simplement hideux, non pas tant au point de vue de l'esthétique qu’au point de vue moral. La justice, l'honnêteté, le travail, sont autant de qualités qu’il ignore. La vie pour lui n’a qu’un but : satisfaire ses instincts matériels, vivre pour le sensualisme ; et tout ce qui forme un obstacle à ce qu'il considère comme son unique but, l’exaspère à un tel point qu'il ne connaît plus alors de limites à sa fureur. Il tue et brise, dans ce cas, tout ce qui l'environne, et sa vie arrive ainsi à se passer dans de perpétuels conflits et combats avec ses voisins.
Il est heureux pour le peuple terrestre qu'il ne puisse se souvenir des jours lointains de ses premiers pas dans l'humanité ; car ce souvenir serait infiniment pénible et humiliant. Pourtant, si étrange que cela puisse paraître, on est forcé d'admettre que la manifestation du mal est un bien, en ce sens qu'elle prépare l'avènement de celui-ci qui ne peut se faire jour que par le travail pémible de la souffrance.
Lors même que la brute dont nous venons de parler agirait avec le plus de
cruauté, lors même qu’elle nous ferait le plus horreur, nous ne devons pas oublier
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que ses actes ne sont autres que la manifestation de son éveil à la vie, et c’est ce qui nous permettra de ne pas nous étonner outre mesure lorsque nous considérerons l’homme terrestre encore peu éloigné de ses primitives origines, et que nous constaterons en lui cet atavisme batailleur et brutal qui lui faitadmettre et préconiser même parfois la guerre toujours injuste, toujours odieuse.
Il est pourtant avéré que les tendances belliqueuses de l’homme tendent à
disparaître de plus en plus. Dès maintenant, on commence à comprendre que
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la guerre est une fatalité sous laquelle il faut parfois courber la tête, mais
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qu'en aucun cas elle n’est une vertu et qu’elle reste toujours un effroyable cata-
clysme.
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Lorsque l’ombre descend sur les yeux des mourants, lorsque l’âme s'éteint
lentement, lorsqu'enfin la pensée encore vivace cherche à fixer les dernières
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