‹ Nos invisiblesChapitre 173 sur 203 · FI CI TR SIN ÆISNETS · texte numérisé non relu

FI CI TR SIN ÆISNETS

images d'une vie passée, l’agonisant voit défiler devant lui tout ce qu'il a aimé, tout ce qui a constitué sa joie ici-bas, et un regret fugitif envahit parfois son

esprit en désarroi, sondant l'inconnu du seuil du passé. Mais, que l'horreur tra-

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gique des batailles sanglantes vienne à se représenter à sa mémoire, que le sou-

venir lugubre des jours de guerre envahisse son cerveau somnolent, le regret

fera immédiatement place au désir de paix ; car, même s'il est incroyant, il pré-

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férera toujours la quiétude du tombeau aux luttes douloureuses et honteuses de

la guerre,

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Elle est, en effet, profondément immorale cette loi du plus fort. Car, si elle

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est la première manifestation animique de l’homme primitif, il ne s'ensuit pas

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qu'elle doive être acceptée avec passivité, avec un fatalisme oriental. Bien au con-

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traire, l’homme doit s’efforcer de tout son pouvoir de réagir contre l’abus criminel

d'une coutume établie. Mais cet effort, il ne le tentera que lorsqu'il aura bien

pénétré son âme de toute la radieuse théorie de charité, qui ne veut pas que

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l'homme s’entre-tue, mais, bien au contraire, qu'il vive et qu’il progresse.

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La guerre n’est pas seulement un mal matériel. Les épouvantables héca-

tombes qui sont cause que tant de femmes restent sans appui et tant d'enfants

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sans peres, sont peut-être moins déplorables encore que ce vent de haine qui

souffle sur une humanité, toutes les fois que les fureurs des peuples sont déchat-

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Voici deux hommes de nationalité diverse. Ils passent indifférents l’un près

y . . . , de l’autre, et se seraient peut-être tendu la main si une circonstance fortuite les

avait rapprochés. Mais soudain des appels de clairons résonnent, des cliquetis d'armes se font entendre, on mobilise à droite, on se met en marche à gauche. Cest la guerre impitoyable qui éclate, et les deux hommes, indifférents hier encore, se prennent à se haïr, à s’exécrer, sans songer un seul instant que, de part et d'autre, ils n’ont même pas la triste excuse des torts réciproques.

Tout le mal de l'humanité est la. C’est dans cet antagonisme perpétuel de nations à nations qu’elle puise cette amoïndrissement qui empêche son progrès. Un jour viendra où les hommes comprendront enfin que le sang et les armes n’ont Jamais rien réparé, et ce jour-là, alors, l'humanité poursuivra utilement sa marche

dans la paix et dans le progrès que rien ne viendra plus entraver, puisqu'elle aur:

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enfin pris la seule route qui mène à ce progrès et qui s'intitule : fraternité.

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