‹ Nos invisiblesChapitre 18 sur 203 · ET 5 ET IC · texte numérisé non relu

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à apprendre, plus rien à souhaiter, possédant tous les pouvoirs, il est clair que

cette situation nous ferait l’'égal de cette Intelligence, et, comme tous les êtres

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devraient arriver tôt ou tard à cette assimilation, il en résulterait que l’état de

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créature ne serait Jamais qu’une sorte de disgrâce d’une des parties constituant

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l'être divin (nous ne devons pas oublier que l'hypothèse de nos téméraires nous

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enseigne que nous émanons de Lui); puis la disgrâce prendrait fin après une

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série de réincarnations, et de nouveau l’âme goûterait les jouissances suprêmes de la domination sans conteste, du pouvoir sans limites et de l'intelligence sans bornes, jusqu'au jour où le souflle actif de cette intelligence nous projetterait à nouveau dans le cycle des espaces pour y subir de nouvelles épreuves.

Dieu serait donc un être dont tout le mouvement et la force seraient concentrés dans la faculté d’ « expir » et d’ « aspir ». L'expir nous projetterait, et l’aspir nous ramènerait à Lui.

Une telle doctrine n'est pas soutenable. La prétention incroyable d'être, en somme, une sorte de dislocation de l’Intelligence Suprême, infirmerait immédiatement la prépondérance et la sublimité de cette Intelligence. A quoi servirait, en effet, ce retour perpétuel vers le mal et la souffrance ? Pourquoi des épreuves aussi cruelles seraient-elles réservées à certains, si elles n'étaient définitives? L'idée même d’une Unité isolée, ou d’un Dieu, disparaît dans cette conception, puisque nous deviendrions tôt ou tard aussi Dieu que Lui.

Pour acquérir encore plus complètement la conviction que ce mystère est une utopie, 1l suffit de jeter un coup d’œil en arrière sur l’histoire des peuples antiques.

En remontant patiemment ce cours des siècles, nous arrivons à cette constatation : l'humanité à son début n’est qu'un ténébreux chaos, tout s’y mélange, tout s y confond, la plante qui pousse entre les pierres, l’eau, la terre, l'animal sauvage qui va bientôt céder le pas à l’homme.

Mais le mystère impénétrable plane sur ce fouillis grandiose. Bientôt les herbes qui nourrissent vont surgir, les animaux se multiplier, et l'homme, poussé par un instinct merveilleux, va bientôt utiliser à son prolit tout ce qui l'entoure. Mais bien avant même qu'il se soit formé, le mystère a présidé à la cOMposItion du monde qui va devenir le sien, et si lointaines que puissent être les origines de cet homme, elles n entreront jamais en parallèle avec celles de ce mys-

tère, parce que lui n’a pas de commencement.

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