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CHAPITRE LII

Le mariage peut être considéré à juste titre comme un des états les plus saints que puisse envier une humanité. Il personnifie cette admirable qualité de solidarité qui, si elle était bien comprise, apporterait à la terre, non pas ie bonheur incompatible avec un sol d’où semble s’exhaler l'épreuve perpétuelle, mais bien la paix, la sérénité qui aideraient les humains à supporter leurs peines, en versant goutte à goutte sur leurs cœurs endoloris le baume bienfaisant de la patience.

Aussi loin qu'il nous soit possible de remonter dans l’histoire du monde, nous constatons toujours chez tous les peuples cette attirance spéciale qui pousse l’homme et la femme l’un vers l’autre. Le premier a besoin de l'appui moral, de la douceur de celle-ci, la seconde ne saurait se passer de sa protection, de sa force qui supplée à la faiblesse de son sexe; et lorsque, de part et d'autre, 1ly a entente complète, confiance absolue, on peut dire sans exagération que le couple uni à déjà éprouvé par avance un peu des joies de cet Eden divin où le plus grand bonheur réside justement dans l’union complète des âmes.

Pour traverser la vie et en sortir à peu près indemne, pour supporter sans faiblir les multiples coups de boutoir du sort, il est nécessaire qu'il y ait coalition, résistance acharnée, contre celui-e1. Les isolés seuls sont vaincus, les misan-

thropes, et, disons le mot, les égoïstes, résistent mal. Généralement leur vie se

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