‹ Nos invisiblesChapitre 190 sur 203 · LI · texte numérisé non relu

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tion que cet incarné, foncièrement malheureux, est digne de la plus entière compassion.

C'est cette ignorance de l’histoire de son âme qui est cause de ses révoltes fréquentes. C'est pourquoi la vulgarisation ou propagation de cette doctrine véri- : table et sublime appelée spiritisme, est tellement importante. La répandre, la propager, cest aider puissamment à la rénovation d’une race, qui ne marchera pas alors en aveugle, mais qui, sûre de son fait, supportera vaillamment les ennuis quotidiens, les peines journalières et les tracasseries de la famille.

Même en mettant à part ces considérations d’ordre spirite, la famille reste la plus haute garantie de moralité pour l'humanité. Les divers degrés qui unissent ses membres créent à chacun d’eux des obligations mutuelles et spéciales, qui sont assurément un des meilleurs moyens de mettre en relief toutes les qualités qui sont en germe au fond d’une âme. Que peut-1l y avoir, en effet, de meilleur et de plus propre à élever une âme que ces devoirs maternels qui obligent absolu-

ment l’homme et la femme à engager une lutte efficace contre l'égoïsme pour y

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substituer le dévouement, le désintéressement ? Quel combat plus salutaire peut- 1] exister contre l'amour de soi que cette obligation de faire des concessions journalières à des frères et des sœurs ou envieux ou méchants, ou simplement

taquins ?

Les efforts de l’humanité doivent done tendre vers la perpétuation de la

famille. Au lieu de mettre des entraves continuelles à l’union des sexes, 1l serait

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à souhaiter que l'effort des législateurs tendît à rendre cette union plus simple, plus facile, à la débarrasser de tout ce cortège de formalités et de paperasses véritablement décourageant pour ceux qui n’ont encore qu'une vocation indécise et mal définie en ce qui concerne le mariage.

Sans me prononcer d’une manière absolue pour l'union libre, je souhaiterais cependant que le mariage fut simplifié autant que possible. Pour vivre sainement de la vie de famille, il est absolument inutile que l’entrée en ménage soit précédée de tout ce luxe de réjouissances, de cérémonies, qui sont autant de prétextes fournis à l’orgueil pour lui permettre de se donner bre cours. Il en est de même pour ces obligations de publications, qui n'ont jamais rien changé ou modifié à la décision prise par les deux conjoints qui n'apprendront véritablement à se connaître que lorsqu'ils auront pratiqué pendant quelque temps la vie

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Et si nous avions un souhait à formuler pour la planète d'ici-bas, voici ce que nous désirerions :

Nous voudrions voir la terre entière soumise à une sorte de vaste gouvernement républicain, dont les membres se recruteraient dans les diverses nationalités qui couvrent sa surface, et dont la mentalité serait en rapport avec celle des habitants du pays qu'ils gouverneraient.

Alors, les frontières n’existeraient plus. [n'y aurait plus d'inimitiés de peuples à peuples ; les moindres différends seraient tranchés par un aéropage, qui serait composé des êtres les plus élevés et les plus intelligents qui puissent se rencontrer dans une nation. L'Angleterre dirait alors : « Dieu et mon droit », et la France conserverait avec raison, cette fois, sa fière devise : « liberté, égalité, fraternité. » Les immenses fortunes des trop favorisés de ce monde seraient employées à la fondation d'œuvres et d’instituts de toutes sortes : écoles de moralisation spirite, écoles de tempérance, maisons spéciales pour les prodigues, c’esta-dire pour ceux qui seraient incapables de vivre économiquement et sagement, etc., ete.

Tout attentat aux mœurs, tout vol, seraient punis sévèrement, mais il n' yaurait Jamais de travaux forcés, encore moins de guillotine, et l’on ne verrait plus de scènes de pugilat dans la chambre des Communes, ou dans celle des Députés.

Dans un tel milieu la famille se perpétuerait sainement. Comment en seraitil autrement, puisqu'il n’existerait plus aucun spectacle où exemple affligeant capable de la démoraliser ?

Cette ère de progrès et de lumière, qui semble à première vue une utopie, peut devenir une réalité tangible. Elle ne serait autre que la faible imitation de ce qui se passe dans nos sphères où les mesquines familles d’ici-bas deviennent des hiérarchies immenses, où l’on s'aperçoit, avec surprise et joie, que le cœur

n a pas de limites, qu'il a, lui aussi, son infinité dans sa prodigalité.

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