‹ Nos invisiblesChapitre 25 sur 203 · FE Î · texte numérisé non relu

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simple que cette vertu oubliée est considérée par l'homme comme une fatalité qu'il est obligé de subir, et à laquelle il essaiera toujours de se dérober avec plus ou moins d'insuccès.

Il oublie ainsi, cet homme qui admire la justice, qu'il peut posséder celle-ci et ne pas être charitable, qu'il peut être courageux et n'avoir aucune douceur, de même qu'il peut être bon et dénué d'énergie. Mais, quelle que soit la somme des qualités et des défauts qu'il possède, il n'échappera pas à cette nécessité auguste qui s'appelle l'expiation.

Cette expiation, qu'il considère comme un fléau, devient pourtant une vertu sublime lorsqu'il sait l’accepter. Mais, qu'il en veuille ou n'en veuille pas, elle s’imposera toujours à lui en dépit de ses révoltes, malgré les efforts tentés pour s'y soustraire. C’est une loi permanente qui remplit l'office d'un bourreau bienfaisant, que rien ne rebute et qui prépare par avance le tissu de circonstances atténuantes qui pallient toutes les inconséquences et toutes les fautes. Bon gré mal gré, l'expiation ou la souffrance nous mène vers la route du progrès ; elle suit l'être dans ses réincarnations multiples, jusqu'au jour où celui-c1, étant suffisamment épuré, entre glorieux et radieux dans les sphères de triomphe et de paix sans mélange.

Et la réincarnation, mes chères enfants, qu'est-elle en elle-même si ce n'est une explation ?

Lorsque l'au-delà vous a enveloppé de ses fluides vivifiants, lorsque l'âme. débarrassée de ses fluides matériels, a recouvré sa lucidité et peut comprendre ce qu'est la vie de l’esprit, lorsqu'on a goûté la douceur si complète du royaume de l’errance, combien ne semble-t-elle pas dure alors cette loi du retour vers la terre ou tout autre monde d'épreuves sur lequel il suflira de naître pour souffrir ?

Bien souvent, l'Esprit hésite longtemps. Il hésite, pris de crainte, de vertige, de transes; il ne peut se résoudre à franchir ce pas fatal qui va le replonger instantanément dans la lutte pénible ; mais un jour vient cependant où sa raison triomphe, où il comprend que la cause des causes seule est immuable, parce que seule elle est parfaite, tandis que lui, foncièrement imparfait, doit chercher, dans la transformation, l’épuration indispensable.

Alors, brusquement, il se décide. Avec hardiesse ou parfois timidité excessive,

il reprend contact avec la matière pour pratiquer de nouveau dans toute sa rigueur

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