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Auraient-ils agi de même, s'ils avaient connu Île sort réservé à ceux qui ont faibli? Qui sait si leurs idées ne se fussent pas heureusement modifiées par la seule connaissance de cette philosophie qui s'appelle spiritisme? Le nombre des âmes souffrantes serait-il aussi considérable, s1 la doctrine d'Allan Kardec était plus divulguée?
La loi universelle veut, il est vrai, que nous passions par les phases de l'épuration avant d'arriver à un degré parfait. Les âmes sans reproche n'éclosent pas subitement. Pour parvenir à cette pureté, 1l faut subir des modes de vie divers, 1l faut souffrir physiquement 1ci-bas,et moralement dans l'au-delà.
Nous avons, en effet, tous passé par ce degré, nous avons tous connu ces tristesses des errances sans but, cette lassitude de l'immortalité, ce chagrin de ne pouvoir anéantir l’indestructible pour s'abîimer dans un néant sans volonté, sans progrès et sans raison. Contre cette loi, vis-à-vis de cette sorte de service obligatoire de la peine, nous sommes sans recours, puisqu’une volonté impérieuse veut notre progrès par la souffrance et que nous n'avons pas les moyens de lui résister. Mais notre impuissance ne va pas jusqu’à nous empêcher de réagir contre le retour fréquent de cette vie d'âme souffrante. Il ne dépend que de nous, de ne connaître qu'une ou deux fois cette lassitude et cette monotonie, de ne supporter cette existence douloureuse que durant quelques brèves minutes de l'éternité, et il nous est loisible aussi d'adoucir cette épreuve.
[ne faudrait pourtant pas se rencontrer 101 avec les catholiques, en adoptant avec eux la croyance que leur purgatoire et leurs limbes sont des lieux où l'âme est condamnée à une passivité tellement absolue, qu'elle ne peut compter que sur la bonne volonté et le dévouement de ceux qu'elle laisse sur terre pour la tirer de ces endroits moroses.
Tout accepter et ne rien faire serait la devise de ses habitants, tandis qu'au contraire 1] n appartient qu'à l'Esprit de hâter sa délivrance, de sortir au plus tôt de cet état de tristesse qui pourrait être longtemps le sien, s'il n'avait à compter que sur les prières et le souvenir de ses amis pour mettre un terme à sa situation pénible.
Le premier pas est terrible à faire ; il coûte les plus grands efforts à l'âme
souffrante ; mais aussitôt qu'elle s'engage dans cette voie réparatrice, qu’elle