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de pierres, sur le malheureux vieillard qui passe à sa portée et trouble ainsi inconsciemment ses divertissements et ses jeux.
Il faut le dire aussi, tout semble fait pour accentuer l'abîme qui existe entre les nouveaux dans la vie et les anciens de l'existence.
Les vieux n’ont plus les idées du jour. Ils devraient avoir l'énergie et le bon sens de faire le plus grand des efforts pour ne pas demeurer en arrière dans l’œuvre du progrès, mais 1l arrive un moment où les infirmités, la lassitude, la décrépitude générale du Corps, ont raison des plus belles résolutions. Pris alors de chagrin devant ce présent sans joie, 1ls restent avec leur passé, vivent dans les souvenirs d'hier, sans s’apercevoir qu'autour d'eux l'effrayante vie productive et créatrice continue son œuvre, ne se lasse pas, marche toujours dans une perpétuelle ascension vers le mieux. Ce spectacle a pour effet de les irriter. Ils sentent qu'ils ne sont plus de force à suivre les jeunes ; ils s'aperçoivent aussi avec douleur que l’on manque souvent d'égards pour eux, puisque nul ne songe à leur offrir l'appui d’un bras charitable pour gravir les dernières et dures aspérités de ce rocher sinueux qui s'appelle la terre.
Comment, dans ces conditions, leur humeur ne se ressentirait-elle pas de toutes ces amertumes? L'humeur des vieux est souvent acariâtre, dit-on, mais qui donc, parmi les jeunes, pourrait se flatter de posséder l'égalité de caractère, s1l se voyait en butte à des infirmités prématurées, à un abandon pénible, à une indifférence totale ? |
On dirait aussi qu’une fois arrivés à l’âge avancé, non seulement le progrès devient irréalisable pour les vieillards, mais encore qu'il existe chez eux un mouvement de recul. Les défauts qu’on n'avait pas constatés jusqu'alors, paraissent, simplantent, prennent racine, sans même que celui qui en est atteint semble s’en apercevoir. Des qualités très réelles, qui faisaient la beauté et l’ornement d'une âme, sombrent tant et si bien qu'on arrive à se demander s'il n'est pas mille fois préférable et plus sage de souhaiter une vie brève que de posséder le soi-disant bienfait d’une existence longue, destinée, il semble, à anéantir dans les sombres années de la décadence physique tous les résultats moraux acquis si laborieusement et si péniblement au cours d’une vie.
Ne serait-1l pas plus sage, dit-on alors, si la vieillesse a de tels effets démoralisants, d'extraire de la vie tout ce qu'elle peut contenir de meilleur, suivant
, . . . . « pr en cela l'exemple des Epicuriens ? Ne vaudrait-il pas mieux préférer la recherche
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