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pour qui cet effort est plus ou moins considérable, requiert plus ou moins d'énerœie de volonté.
Arrivé à un certain degré de découverte, le cerveau se refuse à percer plus avant dans le mystère. Malgré les tentatives désespérées du chercheur, il lui devient impossible de franchir cette zone frontière qui sépare le connu de linconnu, et il lui faut, bon gré mal gré, se contenter du domaine qu'il possède, se servir des matériaux quil a forgés.
Dans ce cas il arrive fatalement ceci, que l’homme, n'ayant pu rien découvrir de transcendant, se sent réduit à perfectionner, à modifier simplement cette science. |
Son idée tombe dans le domaine publie. Comme la pierre du torrent soumise à tous les caprices du courant, elle est ballottée, s’échoue quelquefois misérablement dans le limon, et, quelquefois aussi, est relevée par un être plus perspicace qui, découvrant en elle une réelle beauté, se charge de la polir, de la tailler et de la révéler ensuite.
C'est cette difficulté de franchir ce cercle des connaissances acquises qui explique la rareté des véritables découvertes destinées à révolutionner les esprits. Il est à remarquer, en effet, que, dans l’espace d’un siècle, il n y a guère plus de trois ou quatre innovations méritant véritablement ce nom de « découverte ». Toutes les autres ne sont que des redites, des contrefaçons plus ou moins déguisées de l’invention-mère ; tant il est vrai qu'il existe des difficultés CONSIdérables à franchir cette zone frontière entre le connu et l’inconnu, et que cette faculté, cette hardiesse dirais-je même, n’est donnée qu à un nombre extrêmement restreint d'individus.
On s’émerveille à juste titre de toutes les innovations qui se sont produites pendant le xix° siècle. Cette période a été, en effet, particulièrement féconde en inventions de toutes sortes. Après les chemins de fer, ou triomphe de la vapeur qui a révolutionné le monde, on a vu surgir le télégraphe, le téléphone, la télégraphie sans fil, les rayons X, l'automobile, découvertes toutes plus inattendues et plus merveilleuses les unes que les autres ; mais a-t-on jamais songé à ce prodigieux effort d’une humanité pour arriver à ces résultats? A-t-on jamais pensé qu'il a fallu d'abord, pour préparer, assouplir le cerveau de ces génies scientifiques, des écoles bien comprises, bien dirigées, dont l’organisation a été hérissée
de difficultés ; qu'avant même d'utiliser ces forces gigantesques qui s'appellent la
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