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Il était plein de jeunesse celui qui s’apprêtait au départ pour l'éternité. C'est à peine si vingt années l'avaient eflleuré.
Il était beau, il avait dû être robuste, si l’on en jugeait par la carrure des épaules, par le reste de virilité dont les traits conservaient encore l'empreinte en dépit de la maladie.
De quoi se mourait-il ? Quelle pouvait être la nature du mal terrible qui l'arrachait des bras de ceux qui l’aimaient? La faute en était-elle à ses ancêtres ? Lui avaient-ils légué quelque germe d’une de ces maladies implacables qui ravagent le poumon ou le cœur ?
Nullement. Jacques — tel était son nom — mourait victime d’une de ces épidémies qui surprennent et mettent à bas avec une effrayante rapidité les constitutions les plus vigoureuses.
Il mourait de la fièvre typhoïde, et cela, malgré tous les soins des plus savants docteurs, malgré toutes les tentatives, les essais les plus hardis,
Depuis plusieurs jours il ne prononçait plus que des paroles incohérentes. Mais son regard conservait, dans l’agonie même, une surprenante lucidité. A maintes reprises ses yeux s'étaient fixés longuement sur ceux qui l'entouraient, sur les objets environnants, comme s’il eût voulu emporter dans ses prunelles agrandies la vision dernière de tout ce qu'il avait chéri, de tout ce qu'il avait apprécié.
Le soir, son regard prit une fixité étrange dans laquelle il entrait une sorte
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de joie. Ses yeux ne se dirigèrent plus du côté des siens, mais restèrent rivés
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obstinément sur le côté opposé où ils se tenaient ; et on l’entendit soudain murmurer ces mots qui firent tressaillir violemment sa mère, et ravivèrent toutes ses souffrances : « Jean, tu es là, merei! »
Ce Jean dont il parlait était un frère jumeau qui l'avait précédé dans l'éternité, quelques années plus tôt, un frère avec lequel il s'était promis, alors qu'il
n'était encore qu'Esprit, de parcourir la route sinueuse de la vie, Mais ils avaient
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