‹ Nos légitimes aspirations [microforme]Chapitre 4 sur 14 · DEVOIRS GÉNÉRAUX QU'IMPLIQUE CETTE IDÉE · texte numérisé non relu

DEVOIRS GÉNÉRAUX QU'IMPLIQUE CETTE IDÉE

Ce que la patrie américaine attend des Américains d'origine française, c'est qu'ils aiment ardemment tous ces éléments qui la constituent, € La piété, dit saint Thomas, s'étend à la patrie, comme à un principe de vie, » On le voit, le culte voué à la patrie se rattache à la piété, comme l'amour filial envers les parents, envers l'Église, envers Dieu, envers tout ce qui est une source de vie,

La patrie américaine attend de ses fils d'origine franqaise qu'ils l'aiment en tout ce qu'elle a de vivifiant, Son sol, parce que quelque chose des éléments de ce sol est déjà passé dans leur sang par la nutrition, parce que déjà les corps de leurs parents v reposent, et qu'eux-mêmes S'Y étendront un jour pour y attendre la résurrection : alliance sucrée, mystique et qui, pour eux, sanctifie déjà cette terre; sa vie industrielle aussi, qui à mis en valeur plus grande leurs aptitudes d'ouvriers français et eanadiens. lei l'échange commercial a multiplié leurs activités; l'assiette économique du pays, généralement stable depuis 1865, a développé chez nos gens l'optimisme et la bonne humeur,

Or, la première marque d'affection que l'on doit à son pays consiste à respecter, pour la mieux conserver, la vie qu'on y a reçue : l'Eglise catholique, paree qu'elle est « la grande écoie du respect », selon le mot très juste di protestant Guizot, érige en loi le respect de la vie corporelle, Sa morale reste, pour cela même, la meilleure hygiène physique : on fera bien de s'en souvenir et de ne pas se figuri que le sport, par exemple, pourra jamais servir, à ce sujet, de succédané à la morale évangélique et aux sacrements qu l'alimentent. (C'est une grande richesse que les jeunegens conservent à leur pays, quand ils sauvegardent, par la tempérance sous toutes ses formes, leurs énergies en pleine promesse. Leurs pères ont vécu dans la frugalité et la chasteté, pour leur transmettre une vie généreuse et saine. [Il dépend d'eux-mêmes de transmettre à leur tour

un sang taré où un tempérament équilibré par des vertus puisées à leur source surnaturelle, H faut prier pour que les chefs de famille de notre race aient la gloire de continuer à donner à ce pays, avee la générosité qui est une tradition sacrée chez les nôtres, la première richesse sur laquelle il compte : le capital humain.

L'âme de leur patrie, les Franco-Américains l'aimeront jusqu'à souhaiter toujours que ln vérité catholique se répande, afin de prémunir la pensée publique de ce pays

contre les équivoques et les erreurs de principes sur la

liberté, le rôle des parents et de l'État en matière d'éduva-

tion, les rüpports du capital et du travail, le régime cons-

titutionnel même, toujours menacé, tantôt des dungers

d'une excessive centralisation, tantôt du péril d'une exces-

sive indulgence accordée à la liceace individuelle. L'er-

reur doctrinale est féconde en vices, comme la vérité, en

vertus. L'expérience montre que la pensée humaine, ici

comme ailleurs, s'élève où s'abaisse, suivant qu'elle <e

rapproche ou s'éloigne de la vérité révélée, la doctrine

‘atholique. C'est aux catholiques d'origine française de

démontrer pour leur part, grâce à l'exemple de leur droi-

ture de jugement, la valeur de la doctrine qu'ils professent, L'âme de leur patrie, en ses éléments moraux, les

Franco-Américains ont le devoir de l'aimer assez pour lui

souhaiter toutes les vertus naturelles. Mais ils lui vou-

dront mieux encore. La morale est intirme, privée de ses

appuis surnaturels. Au milieu des sectes qui divisent ce

pays de façon bien plus inquiétante que les langues, ils

voudront apporter, par l'exemple et la parole, le seul bien

qui puisse rapprocher tous les tempéraments et unir

les âmes par le lien de la charité évangélique. Elle à sa

source toujours vive dans les sacrements de l'Église. Ces

principes généraux rappelés, venons-en aux désirs que, de

fait, la patrie américaine formule à l'endroit des Franco-

Américains.

te. mm

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