‹ Nos légitimes aspirations [microforme]Chapitre 5 sur 14 · CE QUE L'AME AMÉRICAINE EXIGE DES GROUPES ETHNIQUES DE CE PAYS · texte numérisé non relu

CE QUE L'AME AMÉRICAINE EXIGE DES GROUPES ETHNIQUES DE CE PAYS

J'ai cherché une formule qui pût résumer la somime des meilleures aspirations de l'âme américaine. et je n'en ai pas

trouvé de plus appropriée que celle qui sert u'épigraphe à ces modestes considérations : Lire and let lire !

On parle beaucoup de la puissance d'assimilation de l'Union américaine, Si l'on veut dire qu'elle a le don de gawner les cœurs de ses corcitosens, de développer rapicement leur esprit publie, de ercer chez eux Funaninité dans l'union sucrée, dès que le salut public est en cause, de leur faire sacrifier toute vague idéologie à l'idée pratique de la liberté civique, il me semble qu'on a raison : peu de pays, au monde, ont rénssi à preduire tant de patriotisme au sein d'éléments aussi disparutes, venus des pays les plus divers et parfois les plus hostiles pur tradition, Mais si

l'onentené par là que l'âme amérienine aspire à scumettre violemment at même creuset selen le mot brutal metling-pol les divers ééments ethniques de ce pays,

au point d'en effacer les robles et utiles caractéritiques, il me semble qu'on lui fait gratuitement injure. Elle a trop soif de vie pour vouloir étouffer duns son sein des promesses de vie plus grande, plus haute, plus humaine. Il peut y svoir “hez elle, dans son lil éralisme social et religieux, de. illusions périlleuses. c'est chez elle la part de l'infini ié humaine : les peuples les plus cultivés n'y échappent pas, quand les principes de l'Évangile maintenus par l'autorité légitime s'cblitèrent chez evx en tout ou en jartie.

En tout cas, je considère comme admis que l'esprit publie américain ne demande pas, sous prétexte d'unité, la mort des groupes ethniques. ni même leur fusion en un seul moule. Où serait d'ailleurs le prototyre américain, d'après lequel il faudrait modeler tous les habitants de ce pays? Sic'est le tÿpe anglo-saxon, qu'on veuille bien le dire. Mais alors il faut se résigner à renier toute l'histoire américaine depuis 1767. Quil'esera? Non, j'aime mieux m'en rapporter à la devise des armes américaines: Æ pluribus unum,, unité dans la pluralité des éléments. Elle évoauera toujours l'ingénieuse mise en œuvre du régime fédératif, avec l'autonomie qu'il laisse à chacun des états; mais j'ose y lire une pensée plus profonde et plus généreuse encore : unité d'affection et de dévouement au même drapeau, au même idéal démocratique, dans la diversité

féconde des talents, des aptitudes, des qualités des races qui survivent sous la protection de ce d apeau.

OBTECTIONS ET RÉPONSES

Je n'ignore pas les objections soulevées pendant la guerre, où les instincts de race pouvaient prendre un caractère inquiétant et suraigu.

Si ce prineipe vaut, pourrait-on dire, la survivance allemande, en ce pays, n'y constitue-t-elle pas un danger ?

Le gouvernement américain a eu l'œil ouvert. Qu'’at-il fait? A-t-il suguéré la suppression de toute publication en langue allemande? Non. Comme mesure de guerre, On à resserré les mailles de la censure. Mais tel est le respect de ce pays pour l'honnète liberté de la parole et de la pensée, que l'on n'est pas allé plus loin.

Une certaine philosophie née en Allemagne, il y a quatre siècles, propagée depuis po” Kant, Hegel, Fichte, Schopenhauer, Nietzche. a produit Guelque part les énormes prétentions du surhomme allemand et suscité le militarisme bismarckien. Dans d'autres pays, la propagation de cette doctrine a servi à Cmietter les convictions et à diviser les forces nationales. Si la guerre récente avait pour effet de montrer au monde le danger de cette doctrine qui a armé le troupier allemand avec l'approbation de professeurs d'universités allemandes, elle aurait au moins un bon résultat. Elle aurait appris au monde, et en particulier aux États-Unis. où les professeurs allemands encombraient les chaires les mieux rémunérées, qu'il n’y à pas trente-six choses dans le domaine des idées morales. Il y à d'une part l'esprit chrétien, fait de justice, de bonté, de douceur, de pureté, et de l’autre, il y a une certaine façon payenne en son fond de conce\oir la vie. C'est l'orgueil, c'est la dureté qui finit par dire : La faiblesse n'a pas de droit : c'est l'égoïsme qui se divinise et qui suscite par sursauts des bacchanales de brutes saoules et lubriques. au sein de la civilisation chrétienne €pouvantée. Entre ces deux forces. « les deux cités », on peut quelque temps se croire capable de rester neutre : de fait, la logique entraîne tôt ‘ou tard les dilettantes dans la mêlée, pour l’une ou l'autre de ces idées,

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Heureusement, on peut espérer — on l'a affirmé — que les Américains d'origine allemande, en quittant l'Allemagne depuis 1846, n'ont apporté avec eux que ce qu'il y a de bon, d'humain et de chrétien dans les parties les plus civilisées de leur patrie d'origine. A la bonne heuve ! les Américains ne demandent pas mieux que de le croire, et, en ce cas, l'esprit chrétien de ce pays n'a pas tort de penser que la survivance même de l'élément germanique, si différent du surhomme de là-bas, aura ici de bons effets dans l'avenir.

Je m'’efforce done de saisir la pensée sans haine et sans préjugés de l'âme américaine, je m'efforce de traduire sa façon cordiale d'offrir l'hospitalité aux races des vieux pays en leur demandant seulement de dépouiller ce qu'elles ont d'idées et de prineipes incompatibles avec l'idéal généreux, fraternel, charitable, humain. qui distingue le meilleur de l'âme américaine. Pour que nous apparaisse mieux l'estime qu'elle a pour sa devise «€ E plurious unum », je la mets en présence de l'élément qui a le même sang que l'ennemi d'hier, et nous sommes forcés d'admettre que l'âme américaine véritable ne demande pas la disparition de cet élément, de ses qualités distinetives et de sa langue maternelle, mais seulement l'abdication de certaines doctrines malsaines et la fidélité au drapeau qui le protège.

Que serait-ce done, si je mettais l'âme américaine en présence de l'élément français qui occupe tant de place dans les plus illustres pages de l'histoire américaine ? Aurais-je même besoin de prouver que la patrie américaine a place chez elle pour la race francaise, pour la pensée française et pour la langue qui exprime et transmet le mieux cette pensée ?

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