LA PENSÉE FRANÇAISE ET L’AME AMÉRICAINE
La patrie américaine ne peut pas avoir oublié que l'élément français, surtout dans le nord, l'ouest central et le sud, a été le premier à civiliser ce continent par le christianisme. « Les Français venus en Amérique, aux XVIe et XVIIe siècles, n'entendaient pas seulement jeter les bases d’un empire. Ils venaient, selon les expressions d'un
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historien du XVIIe siècle, dilater les bornes de la pitié, de la justice, de la civilité, en un mot, de la lumière française. » !
La patrie américaine ne peut pas avoir oublié que, dès 1650, une délégation française de Québec vint à Boston, offrir le projet d'une alliance offensive et défensive entre les deux colonies, avec cette entente que Ia Nouvelle- France et la Nouvelle-Angleterre resteraient en paix, même si les deux mères-patries allaient encore se quereller pour les intérêts européens. Si ce projet raisonnable, devançant de deux siècles ce qu'il x a de plus sage dans la doctrine Monroe, n'eut pas de suite au XVIe siècle, ce ne fût pas la faute des Français de l'Amérique. I eût suffi à empêcher les deux colonies de soudoyver leurs alliés les uns contre les autres dans des guerres qui ont abouti à l'extinction des races indigènes, et qui n'ont pas été un honneur pour la civilisation des deux colonies,
L'élément français a plus tard donné son or et son sang pour l'indépendance de ce pays; la pensée française exprimée par Montesquieu,?® à livré aux pères de la République des Etats-Unis le génial secret de cette constitution, plus parfaite encore que la constitution britannique, imposée jadis par les barons normands, d’autres Français, au roi Jean-sans-Terre. L'Union américaine vient de prouver qu'elle n'a pas oublié ces faits. Le mot de Pershing « Lafayette, nous voici ! » est un des beaux mots épiques de la guerre récente, Il répare le télégramme de félicitations du président Ulysses Grant à Guillaume de Prusse.