SCÈNE XI
Les Mêmes, HECTOR.
GASTON, k Hector.
On ne vous a. pas sonné!... Que vcfulez-vous? Votre compfe, vous aussi ?
HECTOR
Oh! non, monsieur. Je viens seulement proposer à Monsieur et à Madame un moyen de ramener la paix dans la maison.
Vous? '
HECTOR
Oui, je sais tout ce qui se passe ici. On se dispute, on se querelle, on parle de se séparer à tout jamais, et avec tout ça, rien ne marche, tout va cahin-caha. . . C'est mal, c'est très-mail...
GASTON.'
Pardieu! Voilà qui est burlesque !.... Quoi i C*est mon cuisinier.....
HECTOR
Oui, monsieur, par dévouement pour vous.. (Reprenant.) Mais le plus coupable çst celui qui, foulant aux pieds toute pudeur, se conduit comme un polisson.
GASTON
Ah ! çà !. . . maître drôle !
HECTOR, reprenant.
Comme un polisson, et jette le trouble dans un intérieur aussi calme, en s'attaquant à la vertu^'une honnête femme de chambre.
CLOTILDE, scandalisée.
Comment!.. C'est une!... Oh! monsieur! monsieur!
GASTON
Je ne sais plus du tout où j*en suis ! (a Hector.) Morbleu ! de quelle femme de chambre parles-tu donc?
Monsieur le sait bien, de Clémence.
CLOTILDE
Clémence ! J'aurais dû m'en douter ! Ah ! ma mère ! ma mère!
HECTOR, à part.
La mère à madame ! . .. qu'est-ce que (^a peut lui faire?
GASTON, lui sautent au cou.
Misérable! Tu veux donc que je t'étrangle!
HEOTOR, se débattant.
Pourquoi? Parce que je donne tort à Narcisse ?
GASTON
Narcisse !... (k part.) Je comprends. Nous étions des copies, et il ne connaît que la scène des originaux.
HECTOR, continuant.
Or, voici, je crois, le moyen de raccommoder tout ça. (Baissant les yeux.) J'aime mademoiselle Clémence d'un amour de cuisine, feu doux, mais honnête. Que Monsieur et Madame veuillent bien me faire obtenir sa main, nous restons tous deux chez Monsieur et Madame, et, pour- remplacer Narcisse, je leur propose un petit neveu à moi, qui est une vraie perle pour le service de table et de chambre.
GASTON, àClotUde.
£h! bien! chère amie, vous avez entendu... Ce n'était vraiment pas la peine. . .
CLOTILDE, poursniyant son idée.
Oui, cette combinaison concilie tout... Je ne regrette plus Narcisse, et je m'àttacbe Clémence à tout jamais, en la mariant à ce brave garçon qui m'en sera lui-même trèsreconnaissant.
HECTOR
Ah ! madame peut compter. . .
CLOTILDE
Bien! Je vais aller la trouver tout de suite.
GASTON
Me pardonnes-tu au moins de...
CLOTILDE
Ah ! mon ami, si tu me retardes, tu vas me faire man-
quer ce mariage qui est dQ la plus haute importance, (oa sonne.) Hcctor, je n'y suis pour personne,
HECTOR
Oui, ma bonne maîtresse, (a. part.) Enfoncé, le Narcisse.
Clotilde entre & gauche, deuxième plan. — Hector sort par le fond.