‹ Nos missionnairesChapitre 30 sur 34 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

mouvement de conversions admirable et vraiment extraordinaire. Depuis le premier de Tan jusqu'à Pâques, j'avais baptisé 150 catéchumènes; un grand nombre de païens demandaient à se convertir, plusieurs communes étaient sur le point d'abandonner le culte des idoles. »

D'ailleurs, le missionnaire ne goûte-t-il pas une joie plus fortifiante encore dans l'obéissance à la volonté de Dieu, dans la foi en sa vocation, dans l'espoir de cette grâce si haute et si glorieuse, le martyre. Car le martyre est une souffrance pour le corps seulement, pour l'âme il est une joie, et de toutes les joies la plus grande, de tous les bonheurs le plus désiré puisqu'il donne le Ciel et féconde la terre ; on en retrouve la pensée dans tous les cœurs apostoliques: Mgr Croc s'y prépare, le P. Mathevon le regrette, le P. Laigre-Filliatrais le rêve en serendantau Collège Général, le P. Macé écrit : « Le martyre est de toutes les grâces que j'ai jamais demandées à la sainte Vierge, la seule qu'elle ne m'ait pas encore accordée : donc mille actions de grâces si cela arrive! » Le P. Dupont écrit à son frère < Mais est-ce possible t Je succomberais martyr! Aht si c'était vrai! Bénis mon âme, aht bénis le Seigneur! Frère : chante avec allégresse le Te Deumt »

Mais pourquoi aller chercher quelques lignes perdues dans les lettres de trois ou quatre Missionnaires. Tous, tous ne l'ont-ils pas chantée cette strophe immortelle :

Qnel jonr qne celai-là, le grand jour du martyre. Le joar qui donne au cœur ce que le cœur désire

MA NUS «ItSSlUNNAlHES.

,„ .Qai brise l'esclavage et reud k liberlo ! ^ Le beau jour do combat qne le triompha achève ' "Qui coramence ici-bas sods le tranchant dn glaive. Et finit dans meruilé.

Sans doute, il est des mères qui trouveront dur de voir s'éloigner leurs enfants, de les laisser s'ea Aller mourir sut une terre ëtr&ngëre; il en est qui ne eoiiipreiidront pas leurs saints désirs de martyre; qu'elles se rappellent la parole de Madame Iribame, si profande, si forte et si convaincante en sa brièveté : a Mon fils, fais ce que Dieu veut, s Et si un jour elles apprentiMii que leur lils a sacrifié sa vie, puisse Dieu leur donne Je courage de redire cette parole de Madame Jacca^tJ; • Dieu soit louét jesuis délivrée delacrainte qu' j'éprouvais malgré moi de voir mon enfant succomber à la tentation des douleurs.» Mais pour que eesdouleurs, ces joies et ces travaux soient i-érilabletnent féconds, pour que le but de l'apostolat soit eom[^tementatteinl, que les peuples, assis à l'ombre de la mort, se lèvent 6t marchent dans la plénitude de la lumière et de la vie, il feut que, chaque jour, s'accroisse le nombre des prédicateurs de la Foi. La Chine compte 350 millioHs d'infidèles, l'Indo-Chine 40 millions, les Indes 250 raJl" 1 ions ; pour évajjgéliser ces immenses ranltiludes, les missionnaires sont environ 1,1)00 sui' lesquels 7S0 appartiennent à ia Société des Missions-Ëtrangères. Qui oserait dire que c*^ nombre suffit f - "-

11 y a soi\anle ans, le Cardinal Préfi't de la Propagande écrivait aux Directeurs du Séminaire des Missions-Étrangères : • De toutes parts, les chrétiens i{u

GONCLUI^ÎON. 318

vivent au milieu des infidèles, réduits à une extrême et déplorable nécessité, implorent l'arrivée et le secours des' ministres sacrés. Daiis la violence même de la persécution^ côs- terres arroséesdu sang des ipaptyrs. ont efifanté-à • Jésus-Christ dejubiiveauxenfiinfsqu'il feu,t élever et soutenir. Plusieurs, parmi ces païens, jprêtent une oreille favorable à la prédication de l'Évangile. C'est donc une portion de la sollicitude pastorale que l'envoi de ministres évangéliques empressés de voler au secours de leurs frères, en proie à tant de besoins. Que Ton ne craigne point d'en éprouver parmi vous un affaiblissement dans le ministère sacré; plus de nombreux exemples d'une si louable charité éclateront, plus le saint zèle se réveillera parmi les enfants du sanctuaire. »

Ne dirait-on pas, en vérité, ces paroles écrites d'hier?

A quelle époque l'apostolat a-t-il jamais eu un besoin plus pressant de prêtres? A quelle époque les missions ont-elles offert le spectacle de malheurs plus attristants et en même temps d'activité plus grande et d'espérances plus fondées?

Si l'Annam est anéanti, le Laos fermé, le Tong-King soulevé, en Chine et en Corée la paix règne, au Japon la liberté religieuse est proclamée, aux Indes, à Siam, en Birmanie, l'apostolat jouit de la plénitude de son indépendance.

N'est-ce donc pas le moment de répéter ces éloquentes paroles que Fénelon prononçait il y a deux siècles : « Évêques, prêtres, par la vertu toute puissante du nom de Jésus-Christ, allez annoncer l'Évangile à toute

créature ; j'entends la voix de Pierre qui vous envoie Dt vous auime. Il vit, il parle dans sou successeur, il ue cesse de confirmer ses frères. Allez donc, anges prompts et légers; que sous vos pas les montagnes descendent, que les vallées se comblent, que toute chair voie le salut de Dieu. •>

Page 1