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Le Bulletin de la Société philomathique : les Nou

velles Archives du Muséum ; le Bulletin de la Société linnéenne de Paris de 1884 à 1900.

avant ces investigations et si intéressante pour le botaniste. Les éléments spéciaux à cette flore sont d’au moins 25 pour 100 au Ssétchouen et de 40 pour 100 au Yun-nan. Un résultat de la plus haute portée scientifique est l'assurance acquise, grâce aux Collections de ces missionnaires que la plupart des espèces alpines isolées sont des représentants appauvris de genres richement représentés dans les montagnes de l’Asie orientale. Telle est l’esquisse forcément incomplète des résultats obtenus à la suite de l’exploration méthodique de la Chine par les missionnaires, au point de vue botanique.» À cause de l’importance considérable qui résulte de leurs travaux, on nous pardonnera d’avoir insisté sur la parte technique, mais nous avons voulu prouver, chiffres et do-

cuments en main, qu’ils ont, là encore, rendu les plus grands services à la science et cela sans qu'il en coûte rien au pays. Combien de missions scientifiques et officielles peuvent se vanter d’un pareil résultat ?

Si les galeries de botanique du Muséum ont ainsi recu des trésors, que nous envient nos riches voisins à Kew, à Berlin et à Saint- Pétersbourg, celles de zoologie n’ont pas été moins bien dotées. Grâce au zèle de Mgr Biet,

| 90 NOS MISSIONNAIRES, | l 4 évêque du Thibet oriental, longtemps résident LE à Ta-tsien-lou, sur la frontière occidentale | | extrême du Yun-nan, M. Milne-Edwards a reçu de riches collections d'animaux aussi rares qu'intéressants. Beaucoup sont des représen-

tants d'espèces tout à fait spéciales au pays el qu’on n’a pu se procurer qu'avec les plus grandes difficultés et parl’intermédiaire de chas seurs indigènes, dûment instruits par Mgr Biet. Au début, ils n’apportaient que des peaux inutilisables pour la description scientifique, car ils sacrifiaient invariablement la tête aux fétiches, pour se faire pardonner leur meurtre par les divinités de la forêt où ils eurent souveni grand’peine à se décider à pénétrer, les sorciers leur ayant déclaré qu’ils y mourraient certainement, en punition de leur sacrilège, ces forêts étant tenues pour sacrées et inviolables. On finit peu à peu par obtenir d’eux des Re complètes, puis des animaux entiers:

fin, ils se risquèrent jusqu’à oser en capturer de vivants. Avec des précautions infinies, on put faire parvenir quelques-uns de ces derniers jusqu’à Paris. Mgr Biet, à son retour en Franc en 1892, se chargea d’en rapporter phare une certaine quantité ; il en perdit cependant en route une partie, car, bien qu’on eût pris

soin de les acclimater quelque temps à Ta-tsienlou, la traversée de l’océan Indien, et surtout celle de la mer Rouge, furent fatales à beaucoup de ces animaux des hauts plateaux. C’esl grâce à lui que notre Muséum possède aujourd’hui des spécimens vivants uniques au monde et un plus grand nombre d'animaux empaillés qu’on chercherait en vain dans les plus riches collections étrangères. Parmi les animaux vivants qui ornent la ménagerie, nous pouvons citer : une nouvelle espèce de colombe du Thibet ; une paire de lophophores {Lophophorus Lhuysi), envoyée en 1892; deux paires de Crossoptilons ; deux paires de faisans de lady Ambherst. Il serait trop long de citer tous les “oiseaux empaillés ; nommons seulement deux rares Euplomacus (violet et rouge) ; le Lerva nivicola et des canards nouveaux, morts en route.

Parmi les quadrupèdes, représentés par plus de six cents peaux, citons une famille complète de singes étranges, le Rhinopithecus Bieti qui habite les montagnes neigeuses qui séparent le Fleuve Bleu du Mékong, et qui se nourrit de racines (une autre est insectivore). Elle comprend sept individus capturés à Yerkalo en 1876; ils ont été montés, puis décrits dans les Nouvelles Archives du Muséum, 3° série, en 1896.

Voici le Macacus Thibetanus, que le prince Henri d'Orléans eut la chance de pouvoir rapporter vivant ; une petite panthère de Ta-tsienlou ( le Felis Bieti) ; trois espèces nouvelles de lynx ; cinq à six loups, également nouveaux ; de belles antilopes ; l’Ovis Ammon ; d'énormes marmottes ; quatre exemplaires du fameux ours noir à poitrine blanche, extrêmement rare, et pour lequel on à dû créer un genre nouveau l’Ailuropus melanoleucus ; puis l'ours brun-roux, tout nouveau, et reçu il y à quatre ou cinq ans ; un mouton spécial, le Goa des Thibétains, animal à poil creux, comme le daim chinois ; des chiens sauvages et le Budorcas. On n’a pu encore envoyer l’âne sauvage du Thibet, qui, sur place et en vie, ne vaut pas moins de L000 francs.

Actuellement à Tzé-kou, le P. Dubernard ; à Ta-tsien-lou, le P. Dejean, s’occupent de compléter ces collections déjà si riches, ils achètent aux chasseurs indigènes des peaux d’oi-

seaux et d

e mammifères. La mission a formé trente chasseurs qui ne s’occupent qu'à Capturer des insectes, papillons ‘et coléoptères, pour MM. Ch. et R. Oberthür, les riches amateurs de Rennes, dans le musée desquels nous avons pu admirer la plus belle collection qui

existe en fait d'insectes chinois, tout particulièrement, car Mgr Biet ne leur a pas envoyé moins de 4 à 5 000 pièces par an depuis un certain nombre d’années. Une fois même, on a atteint le chiffre de 20 000. Voici le Parnassius imperator, ce papillon si rare qui à valu jusqu’à 800 francs pièce et qu'un riche collectionneur anglais, M: Leach, a envoyé chercher au Thibet même par un de ses chasseurs, M. Prat. Celui-ci en offrait, en anglais, un ‘dollar aux Thibétains ahuris. « One Parnassius one dollar. » On juge si nos missionnaires, qui lui donnaient l’hospitalité, avaient envie de rire. En reconnaissance, MM. Oberthür ont baptisé des noms de Mgr Biet un certain nombre des plus belles espèces de papillons telles : le Tropæa Felicis de Bathang, les Pieris, Lapatura et Anthocaris Biel de Ta-tsien-lou. Ils Les ont décrites dans leurs Études d'Entomologie !, où on les peut admirer, figurées en couleur, avec le plus grand soin. En récompense des services exceptionnels et de haute valeur qu'il a ainsi rendus à la science française, Mgr Biet a été fait, il y a environ deux ans, chevalier de la Légion d’honneur.: Son confrère, Mgr Du-

1. Études d'Entomologie. R. et Ch. Oberthür, 19° livraison, août 1894. Rennes.

nand, évêque du Ssé-tchouen, a, lui aussi, recu la croix à la suite des rapports des chefs de la mission lyonnaise d’exploration en Chine, MM. E. Rocher et Henri Brenier, auxquels 1l

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