D6 NOS MISSIONNAIRES
des Missions catholiques. Ce sont, en général, des prières pour chasser les esprits malfaisants du corps des malades. L’honneur de la découverte de cette langue et de cette écriture 1déographique des Mosso, qui diffère entièrement de la langue chinoise, revient done à nos missionnaires de la rue du Bac ; eux seuls peuvent en donner la traduction. Or cela a fait du bruit dans le monde des savants, qui ont cru trouver dans ces peuples les véritables autochtones de la Chine du Sud, repoussés peu à peu dans Îles montagnes du Yun-nan par la race tartare descendue du Nord.
Si, suivant le mouvement qui civilisa les peuples de l’Asie orientale, nous passons la frontière méridonale de Ia Chine pour pénétrer dans notre nouvelle colonie de l’Indo-Chine, nous y trouverons les traces de nos premiers missionnaires. C’est, on peut le dire, grâce à eux ét, en particulier, à Mgr Pigneau de Béhaine que nous devons de posséder aujourd’hui l’empire d’Annam et le Tonkin. Ge n’est certes pas leur faute si la conquête nous a coûté si cher. Que de fois n’ont-ils pas averti les gouverneurs des soulèvements qui se préparaient contre eux et qui, à Tourane, entre autres, ont failli causer la perte du petit corps d'occupation ét du gé-
per jai
néral de Courcy, qui ne voulut pas croire nos missionnaires. Au Tonkin, on a refusé de croire au dévouement des indigènes catholiques de la mission de Mgr Puginier, dont celui-ci répondait sur sa tête. On préféra les désarmer, et les faire massaerer par les Pavillons noirs et les réguliers chinois, que de se fier à la parole d'un évêque. que Paul Bert lui-même traitait en am et auquel on donna la croix de la Légion d’honneur, pour reconnaître les services exceptionnels et dûment motivés, ceux-là, qu'il avait rendus au gouvernement français. De même que Mgr Delaplace, à Pékin, fit connaître à la médecine francaise un excellent remède contre la dyssenterie qu'il tenait de la reconnaissance d’une famille de chrétiens indigènes !, de même au Tonkin, Mgr Gauthier des Missions Etrangères a doté notre pharmacopée d’un précieux remède indigène contre la lèpre et même, dit-on, contre la rage. Il s’agit du fameux hAoang-nan,
1. M. Dugat-Estublier, médecin de la légation de France à Pékin, en 1873-74, a fait une thèse sur la racine d’ailante glanduleux et son usage contre la dyssenterie chronique, après l'avoir expérimentée d’après le conseil de l'évêque, sur plusieurs Européens, condamnés par nos médecins et qui guérirent, entre autres. un attaché de la légation et deux gendarmes de l’'escorte.
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38 , NOS MISSIONNAIRES, écorce d’une strychnée du pays, le Strychnos Gauthieriana dont le P. Lesserteur a décrit
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l’usage dans une ure imprimée à Paris, il y à quelques années.
La langue annamite s’écrivant avec des caractères dérivés du chinois, nos missionnaires ont réussi à traduire son écriture en caractères latins, ce qui permet aux femmes, aux enfants comme aux étrangers de l’apprendre beaucoup
petit nombre
plus facilement. Auparavant, un de lettrés pouvaient seuls se vanter, comme en Chine, de la connaître à fond, et l’étude de la Jangue écrite était presque impossible aux Européens. C’est donc un service considérable que les Pères des Missions Etrangères ont rendu aux indigènes ainsi qu'à tous nos fonctionnaires, commerçants et colons de Cochinchine. Mais ils ne se sont pas bornés là, et ils ont créé à Saigon une école d’interprètes où l’on enseigne le français aux Annamates. C'est l’école Taberd, si nous nous rappelons bien. Là se recrutent le personnel des interprètes du
souvernement et les professeurs, chargés de
pd
répandre à leur tour l’usage de notre la dans toute l’Indo-Chine.
Igue
On sait que l’on doit aux mêmes mission:
naires d'importants travaux sur le pays et Ia
langue des Siamois. Tous ceux qui se sont un és du Siam connaissent ies hivres de Mer Pallegoix sur ce pays. M. Doumer a demandé et obtenu les crédits nécessaires à l’1mpression du dictionnaire français-siamois de Mgr Cuaz, vicaire apostolique du Laos. Mgr Vey été décoré de la Légion d'honneur ainsi que
P. Schmit pour un travail très important sur l’exploration et la géographie du Siam et du Laos.
Un peu plus au sud, nous pénétrons en Malaisie. et c’est encore dans les grammaires et les dictionnaires malais d’un Père de la rue du Bac que nous avons trouvé les meilleurs
moyens d'étudier la langue si douce et si har-
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monieuse des Malais. Le dictionnaire du vre, qui à été professeur de malais au Collège des langues orientales vivantes à Paris, fa autorité ; aussi a-t-il été honoré d’une souscription officielle du gouvernement. On pourrait citer aussi les travaux de Mgr Bigandet sur la linguistique, ävec Mgr Laouenant, archevêque de Pondichéry, il a publié des études des plus remarquables sur le bouddhisme et le brahmanisme ; mais nous ne pouvons transformer cet article en catalogue et il faut nous borner à ne citer que les plus importants.
Passons maintenant dans l’Inde où les Pères de la Compagnie de Jésus savent faire briller l'influence française d’une façon qui mérite qu’on s’y arrête un instant.
La mission du Maduré, dans le sud de l’Inde.
a installé à Trichinopoly, depuis déjà trente ans, des presses qui permettent la publication d’un grand nombre de livres et une revue mensuelle, le Messager, en langue Tamil. Deux grammaires et un dictionnaire Tamil, œuvres des Pères, y ont été également imprimés, sans parler d’une quantité de livres de religion.
Persuadés qu’on n'’arrivera à convertir les classes supérieures indiennes, et particulièrement les brahmes, si orgueilleux de leur science, qu'à l’aide de l’instruction supérieure, les Pères Jésuites ont installé à Calcutta, à Bombay et à Trichinopoly, de grands collèges. Les deux premiers étant dirigés, l’un par les Pères belges, l’autre par les Pères allemands, nous ne parlerons que du dernier, où professent des Pères français, afin de ne pas sortir de notre cadre, qui est de montrer avant tout l'influence de nos missionnaires au point de vue national.
Le collège fut fondé à Trichinopoly en 1881, et 1l possède aujourd’hui 2 400 élèves de toutes castes et de toutes croyances, car on accepte
paiens et chrétiens, et on ne fait aucune propagande religieuse. On y prépare au baccalauréat és lettres et ès sciences ; on soigne particulièrement l’enseignement des mathématiques. Le programme des examens est établi par le gOouvéernement anglais de façon à décourager le plus grand nombre possible de candidats. car les indigènes se sont rués à la poursuite des emplois officiels avec tant d’ardeur que les examinateurs sont débordés et qu’on ne peut caser tous les candidats reçus. Le P. Jean.
préfet des études, est Fellow of the Madras uni versüly, c’est-à-diré Membre du conseil supérieur de l’Instruction publique pour la présidence de Madras. Le P. Sawell. anglais, à le méme titre.
Les examens du baccalauréat ont été rendus aussi difficiles que ceux de la licence en France. ainsi qu’on peut s’en rendre compte en consultant les programmes. Malgré cela, les succès du collège de Trichinopoly sont tels, que les fonctionnaires de la couronne, bien que protestants et peu partiaux pour des Français.
ont dû le reconnaître et font les plus grands éloges de l’enseignement de nos Pères. Ils servent au collège une subvention officielle dite grant in aid, subside proportionné au nombre des